Dans une réflexion publiée ce dimanche 23 août 2026, Dr Sékou Koureissy Condé, président de l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum Constitutionnel et des Élections (ONASUR-E), appelle à replacer le dialogue, la responsabilité et l’amour de la patrie au cœur de la consolidation de la paix en Guinée. Face à l’influence grandissante des réseaux sociaux, devenus à la fois espaces d’expression, de mobilisation et parfois de désinformation, il met en garde contre leur instrumentalisation à des fins politiques. Pour lui, l’histoire démontre que, même dans les périodes de profondes crises, la médiation et le dialogue demeurent les voies privilégiées pour restaurer la confiance et préserver la paix.
Dr Sékou Koureissy Condé estime que la Guinée doit tirer les enseignements de son passé, notamment des tensions communautaires et de l’alignement ethnique qui, au fil des échéances électorales, ont contribué à fragiliser le tissu social et à provoquer des violences. Il salue, dans le même temps, les avancées enregistrées lors des dernières élections, qu’il présente comme le résultat d’une plus grande neutralité de l’État dans la gestion du processus électoral et d’une maturité civique accrue des populations.
Dans cette perspective, le président de l’ONASUR-E rappelle que l’État demeure l’institution souveraine chargée de réguler, de protéger et d’encadrer la vie nationale, tandis que les rumeurs, les manipulations de l’opinion et les campagnes de désinformation ne sauraient, à elles seules, remettre en cause sa solidité. Il invite ainsi les acteurs politiques et sociaux à privilégier la responsabilité historique, la recherche de la paix et la préservation de l’unité nationale.
Son message se veut finalement un appel au dépassement : au-delà des divergences politiques et des clivages communautaires, la consolidation des acquis collectifs et la volonté de construire ensemble doivent, selon lui, continuer à faire de la Guinée un modèle de stabilité, de dialogue et de cohésion sociale.
Ci-dessous la reflexion du President de l’ONASUR-E
Le dialogue au cœur du processus de réconciliation nationale en Guinée.
Il apparaît de plus en plus évident que les réseaux sociaux et quelques médias sponsorisés sont devenus une source d’information et de désinformation et que certains appareils politiques, en délicatesse avec l’État et la gouvernance qu’il incarne, semblent avoir choisi les mêmes réseaux sociaux comme haut‑parleurs. Cette démarche, non conforme à la tradition ni à la doctrine de la vie des partis politiques en démocratie, risque d’éloigner davantage les sociétés africaines contemporaines de la recherche du processus de réconciliation globale que nous souhaitons de tous nos vœux.
Dans l’histoire des républiques, même dans les situations de conflits armés, ce sont les médiateurs et la médiation qui ont permis de rétablir le respect du dialogue et la conscience de la paix comme solution ultime. Heureusement, nous ne manquons et ne manquerons jamais de personnes ressources de référence pour la paix.
En Guinée, comme dans la plupart des des pays africains, l’alignement ethnique avait fini par vider l’esperance politique et ruiner le ressort politique et social, provoquant morts et blessures à chaque étape électorale.
L’expérience des dernières élections en République de Guinée, observées par plus de 10 000 experts internationaux, a consacré une avancée majeure. La neutralité de l’État dans la gestion et la supervision de ces échéances, combinée à la maturité civique des populations de tous bords, a démontré l’exemplarité du système électoral guinéen. Les réseaux sociaux, loin de se limiter à des espaces de divertissement, se transforment en véritables meetings. L’État est une force souveraine.
Les fausses rumeurs et les tentatives de manipulation d’une opinion, quelles qu’en soient les sources, ne fragilisent jamais un État. Au contraire, l’État se nourrit de renseignements, d’informations et de vérifications. L’État n’est pas une abstraction : il est une puissance publique souveraine qui régule, protège et encadre la vie nationale. Un citoyen, où qu’il vive, réside dans un État et sous son contrôle. Les États se côtoient et se reconnaissent, quelle que soit la distance géographique qui les sépare.
Il est temps de tirer toutes les leçons du passé et de se retrouver dans le sens de la responsabilité historique, l’amour du pays. La consolidation de ce que nous avons et de ce que nous sommes ensemble doit continuer à faire de la Guinée un modèle enviable.
Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com