Éboulement de Dar-es-Salam : « Ce que nous avons vu ici sur le terrain nous laisse sans voix… » Ange Gabriel Haba
Après l’éboulement meurtrier survenu dans la nuit du samedi au dimanche 23 août à la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, les appels à une réponse plus ferme des autorités se multiplient. Alors que les secours poursuivent les recherches pour retrouver les victimes encore portées disparues, le président du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC), Ange Gabriel Haba, s’est rendu sur les lieux pour exprimer sa solidarité aux familles touchées et interpeller l’État sur la prévention des risques.
Dans sa prise de parole, Ange Gabriel Haba a, dans un premier temps, présenté ses condoléances aux familles endeuillées, ainsi qu’au peuple de Guinée et à l’État.
« Je voudrais profiter de votre micro pour présenter, au nom de toute la société civile guinéenne, nos condoléances à toutes ces familles qui ont été victimes, au peuple de Guinée et à l’État guinéen. »
Visiblement affecté par l’ampleur de la situation constatée sur place, le responsable de la société civile a regretté la répétition de drames qui, selon lui, pourraient être évités grâce à des mesures préventives plus rigoureuses.
« Ce que nous avons vu ici sur le terrain nous laisse sans voix, ça nous attriste. Mais il faut reconnaître une chose : c’est difficile qu’à chaque année, on vienne s’arrêter pour présenter nos condoléances, pendant qu’il y a des mesures qui peuvent être prises pour éviter ce genre de situation », a-t-il déploré.
Ange Gabriel Haba a ensuite appelé les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de prévention, particulièrement dans les zones déjà identifiées comme présentant des risques pour les populations.
« Je remercie tous les services de l’État qui sont en train de se mobiliser et toutes les organisations qui sont là pour aider ces populations et retrouver les corps. Mais ici j’interpelle la responsabilité de l’État, surtout du gouvernement. Devant un danger ou des dangers qui menacent la vie des citoyens, la prévention n’est plus une option. C’est une obligation de l’État. La sensibilisation ne suffit pas à elle seule. L’État doit utiliser sa force, la prérogative de puissance publique, pour déloger sur tous les sites, toutes les zones qui présentent des risques d’éboulement afin de protéger la vie de ses citoyens. C’est une obligation pour l’État. Je pense que si nous continuons à agir de la sorte, l’État est en train de faillir à l’une de ses responsabilités qui est de protéger les citoyens, leur vie, leurs biens », a-t-il fait savoir.
L’activiste invite ainsi les autorités à faire usage de leurs prérogatives afin de mettre à l’abri les populations installées dans les zones exposées aux risques d’éboulement.
« L’État doit utiliser sa force, la prérogative de puissance publique, pour déloger sur tous les sites, toutes les zones qui présentent des risques d’éboulement afin de protéger la vie de ses citoyens. C’est une obligation pour l’État », a-t-il déclaré.
Pour Ange Gabriel Haba, les autorités disposent déjà d’informations permettant de localiser les zones à risque et d’intervenir avant qu’un nouveau drame ne survienne.
« Ces zones-là sont identifiées, la cartographie existe. Qu’est-ce que l’État attend pour investir là-bas des militaires, des agents de sécurité afin de protéger la vie de nos concitoyens, déloger tous ceux qui sont logés dans des zones à risque ? C’est ça, la solution », a-t-il soutenu.
Tout en saluant la mobilisation des autorités et des services de secours après le drame, le président du CNOSC insiste sur la nécessité de privilégier l’anticipation afin d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines.
« Si nous continuons à agir de la sorte, l’État est en train de faillir à l’une de ses responsabilités qui est de protéger les citoyens, leur vie et leurs biens », a-t-il déclaré.
Par Bountou Sylla, pour Lerenifleur224.com
Au-delà de son appel aux autorités, la société civile entend également prendre part aux opérations d’assistance sur le terrain. Ses représentants locaux doivent notamment collaborer avec les services de secours et la Croix-Rouge pour soutenir les recherches et accompagner les familles affectées.
« Nous avons mobilisé nos agents. Je veux parler de nos acteurs de la société civile ici qui sont dans cette commune. Nos démembrements travaillent déjà avec l’ANGUCH. Ils vont continuer avec la Croix-Rouge à assister les autorités qui sont là pour chercher les corps qui ne sont pas encore retrouvés. »
La société civile compte également solliciter l’appui de certains partenaires afin de contribuer à la mobilisation des équipements nécessaires aux opérations de recherche.
« Nous allons aussi interpeller certains partenaires qui peuvent aider à trouver les moyens qu’il faut pour les matériels de travail sur le terrain. »
Pour Ange Gabriel Haba, cette mobilisation doit enfin déboucher sur des mesures durables permettant de mettre les populations à l’abri des zones dangereuses.
« L’autre rôle, c’est ce qu’on est en train de faire : interpeller l’État face à ses responsabilités et faire des propositions pour que l’État puisse trouver des alternatives crédibles et sécurisées pour les citoyens », a-t-il soutenu.
Pour la société civile, l’urgence ne se limite donc pas aux opérations de secours engagées après l’éboulement. Elle appelle désormais les autorités à renforcer la prévention et à prendre des mesures concrètes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.