Installation du nouveau Bureau national du SPPG : Sékou Jamal Pendessa place son mandat sous le signe du renouveau de la presse guinéenne
Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), Sékou Jamal Pendessa et les membres du bureau exécutif ont été officiellement installé ce samedi 8 août à l’issue du renouvellement de la confiance des congressistes. La cérémonie, organisée dans un réceptif hôtelier de la capitale guinéenne, a réuni le représentant du ministre de l’Information, de l’Économie numérique et de l’Innovation, des représentants des institutions internationales en Guinée, des présidents d’associations de presse, des acteurs des médias ainsi que de nombreux invités. Dans son discours d’installation, le responsable syndical a placé ce nouveau mandat de cinq ans sous le thème « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne », avec pour principales priorités la défense de la liberté de la presse, la réouverture des médias fermés, l’adoption de la Convention collective de la presse, l’amélioration des conditions sociales et sanitaires des professionnels des médias, ainsi que le renforcement de la formation et de la professionnalisation du secteur.
Devant les invités, Sékou Jamal Pendessa a d’abord rendu hommage aux personnalités du mouvement syndical et de la presse récemment disparues, tout en formulant des vœux de prompt rétablissement au doyen Général Amadou Diallo de la CNTG. Il a ensuite insisté sur la nécessité d’un « dialogue constructif » entre les autorités et les acteurs des médias, notamment autour de la situation des médias fermés et des professionnels privés d’emploi.
Discours de Secrétaire Général du SPPG
Permettez-moi, avant toute chose, d’avoir une pensée profondément fraternelle pour notre doyen, le Général Amadou DIALLO de la CNTG, auquel nous souhaitons un prompt rétablissement.
Je voudrais également rendre un hommage appuyé à la mémoire de tous nos regrettés dont le Doyen DIALLO Souleymane le Gros Lynx et le Général Abdoulaye SOW de PUSTG et FESABAG, récemment arrachés à notre affection. Leur engagement en faveur de la liberté de la presse et de la solidarité professionnelle demeure une source d’inspiration pour la corporation des journalistes et le mouvement syndical.
Mesdames et Messieurs,
L’événement qui nous réunit aujourd’hui dépasse largement le simple cadre protocolaire d’une cérémonie d’installation.
Il marque le début d’un nouveau mandat placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité, de la solidarité et de l’action. Le thème retenu pour ce nouveau mandat est: « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ». Ce n’est pas un simple slogan. C’est une vision, C’est un appel, C’est une responsabilité partagée.
Car le renouveau de notre presse ne dépend pas uniquement du Syndicat. Il interpelle les autorités publiques, les employeurs de médias, les journalistes, les partenaires techniques et financiers, les organisations professionnelles ainsi que l’ensemble des citoyens.
Nous avons tous une part de responsabilité dans la construction d’une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable. Une presse capable d’informer avec rigueur, de contrôler l’action publique avec responsabilité, de promouvoir la paix sociale et de contribuer au développement national.
Mesdames et Messieurs,
Une démocratie forte ne peut prospérer sans une presse libre. Et aucun pays ne peut prétendre accélérer son développement sans garantir aux citoyens un accès à une information indépendante, pluraliste et fiable. La liberté de la presse n’est donc pas un privilège accordé aux journalistes.
– Elle constitue un droit fondamental des citoyens.
– Elle renforce la transparence.
– Elle favorise la bonne gouvernance.
– Elle contribue à la lutte contre la corruption.
– Elle rassure les investisseurs.
– Elle consolide la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Investir dans la liberté de la presse, c’est donc investir dans le développement durable de notre pays.
Mesdames et Messieurs,
Notre cérémonie est également porteuse d’espoir. L’espoir de voir reprendre un dialogue constructif entre les autorités et les acteurs des médias.
L’espoir de voir rouvrir les médias qui demeurent fermés, afin que des centaines de professionnels retrouvent leur emploi, leur dignité et leur rôle dans la société. L’espoir, également, que toute la lumière soit faite sur les disparitions inquiétantes de nos confrères Habib Marouane CAMARA et Sansy KEITA mais aussi, le père du journaliste Mamoudou Babila KEITA. Nous renouvelons notre appel afin que les enquêtes progressent avec diligence, dans l’intérêt des familles, de la justice et de l’État de droit.
Mesdames et Messieurs,
« Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne », c’est aussi assainir notre propre maison.
C’est pourquoi le nouveau Bureau National fera de l’adoption de la Convention collective de la presse l’une de ses priorités majeures. Cette convention ne doit pas être perçue comme une menace pour les entreprises de presse.
Bien au contraire.
Elle constitue une garantie de stabilité, de professionnalisation et de prospérité pour l’ensemble du secteur. Aux employeurs qui nourrissent encore des inquiétudes, je voudrais dire ceci :
Le SPPG ne mène aucune croisade contre les entreprises de presse.
Nous savons que des médias solides sont indispensables à la protection durable des emplois.
Notre ambition est simple : créer un cadre équilibré où les droits des travailleurs sont protégés sans compromettre la pérennité économique des entreprises. Un salarié correctement rémunéré, protégé socialement, bien formé et respecté est plus motivé, plus productif et davantage engagé au service de son entreprise. Comme l’écrivait Dale Carnegie, citant Bill Gepert : « Prenez soin de votre personnel, et vos affaires se porteront bien. »
Je formule donc le vœu que nous puissions franchir ensemble cette etape historique dans un esprit de confiance mutuelle.
Mesdames et Messieurs,
La question de la couverture sanitaire des professionnels des médias demeure également une urgence.
Trop de journalistes et de techniciens tombent malades sans pouvoir accéder à des soins de qualité.
Nous ne voulons plus que la maladie conduise nos confrères à exposer leur souffrance sur les réseaux sociaux à travers des appels désespérés à la solidarité. Chaque professionnel mérite de recevoir des soins dans la dignité. Le SPPG poursuivra donc son plaidoyer afin qu’un véritable mécanisme national de protection sanitaire soit mis en place au bénéfice des professionnels des médias.
Nous saluons, à cet égard, le Fonds de Développement Social et de l’Indigence pour son accompagnement dans la prise en charge de quelques dossiers que nous avions soumis à sa direction en 2023.
Mesdames et Messieurs,
Durant ce mandat, notre action s’articulera autour de plusieurs priorités stratégiques:
– Poursuivre le plaidoyer pour la réouverture des médias fermés;
– Promouvoir une législation moderne garantissant davantage la liberté de la presse et la protection des journalistes ;
– Accélérer l’adoption de la Convention collective ;
– Renforcer la formation continue des journalistes et techniciens sur toute l’étendue du territoire national ;
– Poursuivre les actions de moralisation de la profession et promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux;
– Rechercher des mécanismes de financement favorisant le journalisme d’investigation, indispensable à la transparence et à la bonne gouvernance ;
– Améliorer les conditions sociales et sanitaires des professionnels des médias ;
– Renforcer les relations internationales du SPPG afin de développer des partenariats utiles au rayonnement de la presse guinéenne.
A ce niveau, je voudrais exprimer notre profonde gratitude au PNUD, au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires, dont l’appui nous a permis d’organiser des sessions de formation dans toutes les régions administratives du pays et dans la zone spéciale de Conakry.
Mesdames et Messieurs,
Le Bureau National que vous installez aujourd’hui est pleinement conscient de l’ampleur de la mission qui l’attend. Nous ne promettons pas des miracles, nous promettons du travail, Nous promettons de l’écoute, Nous promettons de la disponibilité. Nous promettons de défendre, sans relâche, les intérêts matériels, moraux et professionnels des travailleurs des médias.
Mais notre réussite dépendra de chacun de nous. L’avenir de la presse guinéenne ne se construira ni dans les divisions, ni dans les querelles de personnes.
Il se construira dans l’unité, le dialogue, la responsabilité et le respect mutuel.
Ensemble, faisons du SPPG une organisation toujours plus forte.
Ensemble, redonnons confiance aux professionnels des médias.
Ensemble, bâtissons une presse libre, responsable, indépendante et prospère, au service exclusif du peuple de Guinée.
Mesdames et Messieurs,
Avant de conclure, permettez-moi d’exprimer quelques mots à titre plus personnel.
Le 25 juin dernier, les congressistes venus de Conakry ainsi que ceux des sept régions administratives de notre pays ont choisi de renouveler leur confiance à l’équipe que j’ai l’honneur de conduire.
Cette confiance nous touche profondément.
Mais elle ne constitue ni un privilège, ni un motif de triomphalisme. Elle représente avant tout une responsabilité immense.
Nous mesurons parfaitement les attentes qui s’attachent à ce nouveau mandat. Nous savons que les défis sont nombreux, parfois complexes, mais nous sommes convaincus qu’avec l’engagement de tous, rien n’est hors de notre portée.
Je voudrais saluer le travail accompli par le Bureau National sortant. Durant les cinq dernières années, malgré les difficultés, les crises, les incompréhensions et parfois les sacrifices personnels, nous avons ensemble fait progresser le SPPG. Nous avons renforcé sa crédibilité, consolidé son indépendance et porté haut la voix des professionnels des médias, aussi bien en Guinée qu’à l’international. Ces acquis constituent un socle sur lequel nous devons continuer à bâtir.
Je tiens également à remercier tous les journalistes, techniciens, correspondants, responsables des antennes régionales et points focaux préfectoraux du SPPG, partenaires et sympathisants qui, souvent dans l’ombre, contribuent chaque jour à faire vivre notre organisation.
Votre engagement est la véritable force de notre grande famille syndicale.
À mes camarades du nouveau Bureau National, je voudrais adresser un message simple.
Notre élection ne doit jamais nous éloigner de la base. Elle doit, au contraire, nous rapprocher davantage des préoccupations quotidiennes des professionnels des médias. Nous avons été élus pour servir, et non pour être servis. Nous avons été élus pour écouter, rassembler, proposer et agir. Le mandat que nous recevons aujourd’hui est un mandat de responsabilité, de disponibilité et d’exemplarité.
Notre conduite devra inspirer confiance.
Nos décisions devront être guidées par l’intérêt supérieur de la profession. Notre seule boussole devra être la défense des droits, de la dignité et de l’avenir des travailleurs des médias.
J’en appelle également à tous les journalistes de Guinée. Au-delà de nos sensibilités, de nos appartenances ou de nos différences, nous partageons une même vocation: informer avec honnêteté, courage, professionnalisme et responsabilité. Préservons cette unité.
Cultivons la solidarité. Refusons les divisions qui affaiblissent notre profession.
Ensemble, nous serons toujours plus forts que séparés.
Enfin, je voudrais lancer un appel respectueux aux autorités de notre pays.
Le SPPG restera un partenaire républicain, responsable et constructif.
Chaque fois que l’intérêt supérieur de la Nation l’exigera, nous privilégierons le dialogue.
Mais chaque fois que les libertés fondamentales, les droits des journalistes ou la liberté de la presse seront menacés, nous assumerons, avec responsabilité et dans le strict respect des lois de la République, notre mission de défense des professionnels des médias. C’est cet équilibre entre dialogue et vigilance qui guidera notre action durant les cinq prochaines années.
Que Dieu bénisse la Guinée !
Que Dieu protège ses journalistes !
Et que Dieu inspire chacune et chacun d’entre nous dans cette noble mission au service de la vérité, de la démocratie et de notre peuple.
Je vous remercie de votre aimable attention.
Decryptage de Rama Fils, pour Lerenifleur224.com