Mamou : la consommation de la chicha inquiète par son expansion chez les adolescents

La multiplication des chicha-lounges gagne du terrain dans la commune urbaine de Mamou. Un phénomène qui favorise certains comportements à risque et soulève des inquiétudes en raison de ses conséquences sur la santé des consommateurs, souvent des élèves. Dans la ville-carrefour, des jeunes filles et garçons âgés de 12 à 23 ans consomment ouvertement de la chicha. Une situation qui se déroule au vu et au su des parents ainsi que des autorités locales, pourtant chargés d’assurer la protection des adolescents.

La consommation de la chicha est devenue une pratique courante chez une partie de la jeunesse. Les bars-lounges, les boîtes de nuit, les maquis, les retrouvailles entre amis, mais aussi certains domiciles, sont devenus des lieux privilégiés où de nombreux adolescents passent des heures à fumer.

Pourtant, la consommation de la chicha est associée à plusieurs risques sanitaires, notamment les cancers du poumon, les maladies cardiovasculaires, les problèmes bucco-dentaires et les affections respiratoires.

Rencontrée dans une chicha-lounge de la ville, une jeune fille de 13 ans, élève en 8e année, a accepté de témoigner sous couvert de l’anonymat.

« Nous consommons la chicha pour nous détendre, oublier nos soucis et faire la fête sans complexe. Aujourd’hui, on ne peut presque plus sortir le soir sans prendre de la chicha », a-t-elle confié.

Selon plusieurs témoignages recueillis, certains consommateurs mélangent les arômes de la chicha avec des substances psychoactives, notamment du Tramadol, du chanvre indien et d’autres produits hallucinogènes.

Rencontré de nuit devant une boîte de nuit, un conducteur de moto-taxi, Mamadou Djouldé Diallo, affirme que la majorité des clients des chicha-lounges sont des mineurs.

« C’est la nuit que je travaille le plus. Aujourd’hui, les endroits où l’on fume la chicha ne manquent pas à Mamou. Dans presque tous les quartiers de la commune urbaine, il existe des lieux où l’on consomme cette substance. Ce sont principalement des adolescents, filles comme garçons, qui les fréquentent. Ils fument sans se soucier des conséquences sur leur santé. Ce qui est regrettable, c’est que les autorités et les parents ferment les yeux sur ce fléau qui ronge la jeunesse », déplore-t-il.

Autre habitant de la localité, Thierno Boubacar Barry vit à proximité d’un Bar-lounge. Il dénonce le silence des parents et l’inaction des autorités face au phénomène.

« Je peux vous dire qu’à Mamou, les jeunes filles consomment aujourd’hui davantage la chicha que les garçons. Quand on sort le soir avec une fille, la première chose qu’elle demande souvent, c’est de lui acheter une chicha. Cela montre à quel point le phénomène prend de l’ampleur dans la ville. Récemment, un concours de chicha a été organisé dans un lounge et, selon les informations qui m’ont été rapportées, c’est une fille de 13 ans qui l’a remporté après avoir fumé 14 charbons. Lorsque j’ai entendu l’agitation, je me suis renseigné et l’on m’a expliqué qu’il s’agissait d’un concours de chicha. La situation est préoccupante. Les parents semblent dépassés et les autorités ne prennent pas de mesures pour mettre fin à ce fléau. D’ailleurs, plusieurs bars-lounges, maquis et cabarets appartiendraient à des agents des forces de défense et de sécurité », affirme-t-il.

En attendant la mise en place de mesures adaptées pour freiner ce phénomène, de nombreux jeunes de la ville-carrefour demeurent exposés aux risques liés à la consommation de la chicha.

Depuis la ville-carrefour de Mamou, Alpha Keïta pour lerenifleur224.com.