Accident meurtrier de Diarabaka : le Barreau de Guinée appelle à une réforme de la sécurité routière

Le Barreau de Guinée hausse le ton après le tragique accident de la circulation survenu à Diarabaka, dans la préfecture de Mamou, qui a coûté la vie à quinze personnes, dont plusieurs enfants. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 1er juillet 2026, l’institution exprime sa profonde émotion, présente ses condoléances aux familles endeuillées et estime que ce nouveau drame illustre l’aggravation de l’insécurité routière dans le pays.

S’interrogeant sur l’efficacité des dispositifs de contrôle et appelant à davantage de vérité, de responsabilité et de transparence, le Barreau plaide pour la création d’une Commission nationale mixte sur la sécurité routière afin d’identifier les causes récurrentes des accidents et de proposer des réformes susceptibles de mieux protéger la vie des usagers de la route.

Ci-dessous la déclaration du barreau de Guinée

À la suite du drame routier de Diarabaka (Mamou)

Le Barreau de Guinée exprime sa profonde émotion à la suite du tragique accident de la circulation survenu à Diarabaka, dans la préfecture de Mamou, ayant coûté la vie à quinze de nos compatriotes, dont des enfants. Il présente ses sincères condoléances aux familles endeuillées et s’incline devant la mémoire des victimes.

Ce drame n’est malheureusement pas un accident de plus. Il est le symbole d’une insécurité routière devenue préoccupante et d’une succession de tragédies qui interpellent toute la Nation.

Chaque semaine, des Guinéennes et des Guinéens meurent sur nos routes. Cette situation ne peut plus être considérée comme une fatalité.

Le Barreau s’interroge :

Pourquoi les accidents mortels continuent-ils de se multiplier malgré les nombreux dispositifs de contrôle routier ?

Pourquoi des véhicules circulent-ils dans des conditions manifestement dangereuses sans être arrêtés ?

Les barrages routiers remplissent-ils pleinement leur mission de protection des usagers ou leur efficacité doit-elle être sérieusement réévaluée ?

Ces interrogations ne visent pas à désigner des coupables avant l’heure. Elles traduisent l’exigence légitime de vérité, de responsabilité et de transparence.

Le droit à la vie est un droit fondamental. Sa protection impose à l’État une obligation permanente de prévention, de contrôle et de sanction.

En conséquence, le Barreau de Guinée appelle les pouvoirs publics à

Mettre en place une Commission nationale mixte sur la sécurité routière, associant l’État, le Barreau, la société civile et les représentants des usagers de la route, afin d’identifier les causes récurrentes des accidents et de proposer les réformes nécessaires. Donner une suite effective aux recommandations de cette Commission, afin que ces drames marquent le début d’une amélioration durable de la sécurité routière dans notre pays. La recherche de la vérité est le premier hommage dû aux victimes. La prévention des drames futurs est le premier devoir de l’État. Le Barreau de Guinée réaffirme sa disponibilité à contribuer, dans le respect de son indépendance, à toute réforme destinée à renforcer la sécurité routière, la responsabilité publique et la protection de la vie humaine. Plus aucune famille ne devrait avoir à pleurer un proche parce que les règles les plus élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées.

Le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de l’Ordre des Avocats de Guinée

Mamadou Souaré DIOP