Prolifération des forages : vers une réglementation du secteur

Depuis plusieurs années, les citoyens sont confrontés à un manque d’eau potable. Pour pallier cette situation, on assiste aujourd’hui à une prolifération importante des forages, aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Une situation qui pousse le gouvernement guinéen à prendre des mesures. À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce lundi 8 juin 2026 à Conakry, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a annoncé des dispositions visant à réglementer le secteur.

Dans sa communication, Aboubacar Camara a reconnu que le rôle de l’État est de mettre de l’eau potable à la disposition des populations. Toutefois, il a souligné l’existence d’un déficit important dans l’approvisionnement en eau.

« Les particuliers ont donc fini par réaliser des forages un peu partout. Ce que les gens doivent retenir, c’est que lorsqu’une personne dispose d’un forage à son domicile et pompe l’eau de la nappe phréatique, cette ressource ne lui appartient pas. La nappe phréatique appartient à tout le monde », a-t-il indiqué avant de s’interroger

« Allons-nous rester indifférents à cette situation sous prétexte que l’État ne fournit pas suffisamment d’eau et que les citoyens n’ont d’autre choix que de réaliser des forages ? Ou faut-il réglementer cette pratique ? Nous disons non. Vous pouvez voir aujourd’hui dix bâtiments alignés, chacun disposant de son propre forage, alors qu’un seul pourrait alimenter l’ensemble. Nous travaillons donc à la réglementation de ces forages », a-t-il déclaré.Poursuivant son intervention, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a précisé que l’objectif n’est pas d’interdire les forages en attendant des solutions durables à la crise de l’eau. Il s’agit plutôt d’encadrer leur utilisation à travers l’installation de compteurs et la fixation de seuils de prélèvement.

« Une fois ces seuils dépassés, les utilisateurs devront s’acquitter d’une redevance. Les montants collectés seront versés au Fonds de l’hydraulique afin de financer des infrastructures qui permettront, à terme, de réduire le recours aux forages », a conclu le ministre Aboubacar Camara.

Face à la multiplication des forages et aux risques que cette pratique fait peser sur les ressources en eau souterraine, le gouvernement guinéen entend mettre en place un cadre réglementaire visant à assurer une gestion plus rationnelle et équitable de cette ressource. Cette réforme, qui privilégie l’encadrement plutôt que l’interdiction, devrait permettre de préserver les nappes phréatiques tout en mobilisant des ressources financières destinées à améliorer durablement l’accès à l’eau potable pour les populations.

Par Ousmane Baldé, pour Lerenifleur224.com