Kindia : Une fillette de 10 ans, meurt après des violences présumées à Sefan

L’émotion reste vive dans le district de Sefan, relevant de la sous-préfecture de Molota, après le décès de Fatoumata Sylla, une fillette de 10 ans. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’enfant aurait subi des violences physiques avant de succomber à ses blessures. Sa grand-mère maternelle, mise en cause dans cette affaire, a été interpellée par les services de sécurité dans le cadre de l’enquête ouverte pour faire la lumière sur les circonstances exactes du drame. La disparition de la jeune élève de deuxième année a plongé les habitants de cette localité située à une cinquantaine de kilomètres de Kindia dans la consternation.

Alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations, plusieurs témoignages recueillis sur place apportent de nouveaux éléments sur les circonstances ayant précédé son décès.Interrogé le Président de district de Séfan Mohamed Makia Camara, est revenu sur les premiers constats effectués après l’alerte donnée par le personnel soignant.<< J’étais à la maison aux environs de 21 heures lorsque le médecin m’a appelé pour m’informer qu’il avait reçu une fillette dans un état préoccupant. À mon arrivée, j’ai constaté qu’elle saignait du nez. Nous avons demandé à sa grand-mère pourquoi elle l’avait frappée. Elle nous a répondu qu’elle ne l’avait pas battue avec un fouet, mais qu’elle lui avait seulement administré quelques coups et que son état était dû au paludisme. Pourtant, plusieurs témoins affirmaient que l’enfant avait été attachée pendant un long moment. Plus tard, elle a reconnu avoir attaché la fillette avec son foulard au niveau des mains et une corde aux jambes >>, a-t-il expliqué.

De son côté, Camara Harouna, chef du poste de santé de Sefan, affirme avoir reçu la fillette une première fois le 2 juin 2026.

<< Elle était accompagnée de son grand-père. Après consultation, le test de diagnostic rapide s’est révélé positif au paludisme et le traitement a été immédiatement entamé. À aucun moment, la famille ne nous a informés que l’enfant avait été battue >>, a-t-il indiqué.

Le responsable sanitaire précise que l’état de la fillette s’est brusquement dégradé le lendemain.<< Lorsqu’ils l’ont ramenée, elle était inconsciente et saignait du nez. Mon suppléant lui a administré du sérum ainsi que des médicaments pour stopper l’hémorragie. C’est à ce moment que nous avons appris qu’elle avait subi des violences >> a-t-il ajouté. Selon lui, une évacuation vers l’hôpital régional avait été recommandée en cas d’aggravation de son état. Toutefois, la famille aurait finalement choisi de conduire l’enfant chez un tradipraticien après avoir évoqué un cas présumé de sorcellerie.

<< Ils estimaient qu’il ne s’agissait pas d’une maladie relevant de l’hôpital. Malheureusement, l’enfant est décédée quelques jours plus tard >>, a regretté le soignant.

Mamadama Sylla, la grand-mère de la victime, rejette pour sa part les accusations portées contre elle.

<< Sa mère, qui est en situation de handicap, est venue me voir en pleurant parce que sa fille refusait de laver les ustensiles de cuisine. Je lui ai demandé d’aider sa mère et j’ai voulu la corriger avec un bâton. Mais elle s’est accrochée à moi. Plus tard, j’ai constaté qu’elle avait de la fièvre et j’ai demandé à mon mari de la conduire à l’hôpital >>, a-t-elle expliqué.

Dans une autre déclaration, elle affirme avoir suivi les conseils de certaines personnes qui recommandaient une prise en charge traditionnelle.

<<Des personnes m’ont conseillé de l’envoyer à l’indigénat, estimant qu’il ne s’agissait pas d’une maladie à traiter à l’hôpital. Son état semblait s’améliorer avant de se détériorer à nouveau >>, a-t-elle soutenu.

Alertée, la Brigade de recherche de Kindia a dépêché une équipe sur les lieux. La grand-mère de la victime a été interpellée pour les besoins de l’enquête et entendue par les enquêteurs.Sur instruction du procureur près le tribunal de première instance de Kindia, la fillette a été inhumée dans la soirée du vendredi 5 juin 2026.

L’enquête se poursuit afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame qui continue de susciter une vive émotion et une profonde indignation au sein de la population.

Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com