Élections du 31 mai : le Bloc Libéral dénonce un processus entaché d’irrégularités

À l’issue d’une conférence de presse tenue ce mercredi 3 juin, le parti politique Bloc Libéral (BL), à travers un communiqué lu par son président, Oumar Sanoh, a exprimé ses vives inquiétudes quant au déroulement du processus électoral des élections législatives et communales. Selon le communiqué, plusieurs irrégularités susceptibles d’affecter la transparence, la sincérité et la crédibilité du scrutin ont été signalées.

Prenant la parole devant les médias, Oumar Sanoh a affirmé que son parti disposait d’informations provenant de plusieurs préfectures ainsi que de communes urbaines et rurales faisant état de nombreuses anomalies dans les opérations électorales.

« Le Bloc Libéral porte à votre connaissance des faits d’une extrême gravité qui compromettent aujourd’hui la régularité, la transparence, la sincérité et la crédibilité du double scrutin en cours sur l’ensemble du territoire national », a déclaré le président du parti.

Selon le BL, les faits rapportés révèlent un schéma de « violations systématiques » de plusieurs dispositions du Code électoral du 27 septembre 2025, notamment les articles 89, 90, 91, 110 et 290, qui encadrent les procédures de dépouillement et de centralisation des résultats.

« Les informations qui nous remontent de nombreuses préfectures, communes urbaines et communes rurales révèlent un schéma de violations systématiques du Code électoral dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire récente de notre pays », a poursuivi Oumar Sanoh.

Le parti rappelle que la législation électorale prévoit que le dépouillement soit effectué immédiatement après la clôture du vote dans chaque bureau, en présence des représentants des candidats et des listes en compétition. Le Code impose également l’établissement, la signature, l’affichage et la publication des procès-verbaux avant toute opération de centralisation.

Toujours selon le Bloc Libéral, ces dispositions garantissent aux représentants des partis le droit d’assister au décompte des voix, de vérifier les résultats et de consigner leurs observations dans les documents officiels.

Cependant, le BL affirme que ces garanties légales ne seraient pas respectées dans plusieurs localités du pays. Le parti soutient que des urnes auraient été transférées vers certains chefs-lieux de préfecture ou centres de centralisation sans que le dépouillement n’ait été effectué au préalable dans les bureaux de vote concernés.

La formation politique dénonce également l’exclusion présumée de certains représentants de partis des opérations électorales, ainsi que l’impossibilité pour certains compétiteurs d’accéder aux feuilles de dépouillement et aux procès-verbaux. Le défaut d’affichage des résultats dans les bureaux de vote est également pointé du doigt.

Pour le Bloc Libéral, ces pratiques transformeraient la centralisation des résultats en une procédure opaque se substituant illégalement au dépouillement prévu par la loi. Le parti estime qu’une telle situation serait contraire non seulement au Code électoral guinéen, mais aussi aux principes universels de transparence électorale et aux engagements internationaux de la Guinée.

Le BL considère que l’absence de dépouillement public et le défaut d’accès aux documents électoraux rendent difficile toute vérification indépendante permettant d’établir la conformité entre les résultats proclamés et les suffrages effectivement exprimés.

Face à cette situation, le parti appelle les institutions impliquées dans le processus électoral, notamment l’ONASUR, la DGE, la Cour suprême ainsi que les missions d’observation, à exercer pleinement leurs responsabilités afin de préserver l’intégrité du vote.

Dans ses recommandations, le Bloc Libéral demande notamment :

la suspension immédiate des opérations de centralisation jugées non conformes à la loi ;

la publication de directives imposant le dépouillement dans chaque bureau de vote avant tout transfert d’urnes ;

la remise systématique des procès-verbaux aux représentants des partis politiques ;

l’accès des compétiteurs aux documents électoraux ;

l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les irrégularités signalées.

Enfin, le parti avertit que des résultats issus d’un processus qu’il considère comme mené en violation manifeste du Code électoral ne pourraient bénéficier de la présomption de régularité attachée à une élection démocratique.

« La souveraineté du peuple ne peut être confisquée par des procédures opaques », conclut la déclaration du Bloc Libéral, qui appelle au respect du vote et à la préservation de « la vérité des urnes ».

Par Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com