Judiciaire : La Cour de Justice de la CEDEAO s’installe à Conakry pour des audiences hors siège.

Ce vendredi 15 mai 2026, la capitale guinéenne est devenue le centre névralgique de la justice communautaire ouest-africaine. La salle emblématique ayant abrité le procès des événements du 28 septembre a servi de cadre aux audiences hors siège de la Cour de Justice de la CEDEAO.

Conformément aux annonces précédentes, la Cour de Justice de la CEDEAO a officiellement ouvert ses sessions en terre guinéenne qui se déroulera pendant quatre jours. Présidée par le Président de la Cour Suprême de Guinée, sous l’égide du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, cette cérémonie marque une étape cruciale dans la vision de l’institution : passer d’une « CEDEAO des États » à une « CEDEAO des Peuples ».

Comme l’a rappelé le Dr Yaouza Ouro-Sama, Chef de greffe de la Cour, bien que le siège permanent soit à Abuja, les textes autorisent la Cour à siéger sur le territoire d’un État membre lorsque les faits l’exigent. Après Niamey, Abidjan ou encore Lagos l’an dernier, c’est au tour de Conakry d’accueillir cette initiative.

« L’objectif est de réduire les barrières financières et logistiques qui empêchent souvent les populations vulnérables d’accéder à Abuja », a-t-il précisé, soulignant que cette démarche, couplée à la gestion virtuelle des dossiers, rend la justice communautaire plus « visible et efficace ».

Pour le Barreau de Guinée, cet événement est un signal fort. Le Bâtonnier, Maître Mamadou Souaré Diop, a salué une justice qui « se déplace vers les peuples » dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et politiques majeurs.

Selon lui, la Cour a su évoluer : initialement technique, elle est devenue une « juridiction de compréhension des droits fondamentaux ». Il a insisté sur le fait qu’aucune stabilité durable ne peut exister sans une institution judiciaire capable de rappeler aux États que leur légitimité repose sur le respect de la dignité humaine.

Une triple signification : Juridique, Institutionnelle et Pédagogique

Le Président de la Cour Suprême guinéenne, Fodé Bangoura, a pour sa part souligné l’honneur fait à la Guinée par ce choix, y voyant une « marque de confiance ». Pour le haut magistrat, ces audiences hors siège revêtent une triple importance :

 Juridique : En facilitant le traitement des contentieux liés aux violations des droits de l’homme.

 2. Institutionnelle : En renforçant le dialogue et l’harmonisation entre les juridictions nationales et la cour communautaire.

 3. Pédagogique : En « démystifiant » le fonctionnement de la Cour auprès des praticiens du droit et des citoyens.

Huit (8) dossiers sont au rôle d’audience pour cette première journée.

Par Mimi Bangoura, pour Lerenifleur224.com