Pour la première fois de son histoire, la République de Guinée accueille les audiences hors siège de la Cour de justice de la CEDEAO du 15 au 18 mai 2026. En prélude à ces sessions judiciaires, une mission de sensibilisation a été lancée ce mercredi 13 mai dans la salle emblématique du procès du 28 septembre.

La cérémonie d’ouverture de la mission de sensibilisation, présidée par le Président de la Cour Suprême sous l’égide du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a réuni un parterre de personnalités gouvernementales.
Étaient notamment présents les ministres de la Femme et des Solidarités, du Secrétariat du Gouvernement, ainsi que celui de la Communication et de l’Information Numérique. Cette étape préliminaire de deux jours (13 et 14 mai) vise à lever le voile sur le fonctionnement d’une institution souvent méconnue du grand public, avant que les juges ne siègent officiellement du 15 au 18 mai.
Dans son allocution, Dr Yaouza Ouro-Sama, Greffier en chef de la Cour, a tenu à clarifier le mandat de l’institution pour dissiper toute ambiguïté juridique
« La Cour de justice de la CEDEAO n’est pas une juridiction d’appel des juridictions nationales. Nous ne sommes pas en concurrence avec elles. Nous sommes une juridiction de premier et dernier ressort, dont les décisions sont définitives. » Dr Ouro-Sama a insisté sur l’importance de passer d’une « CEDEAO des États » à une « CEDEAO des peuples », un projet qui ne peut se concrétiser que si les citoyens à la base s’approprient les outils juridiques communautaires.

Pour le Ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara, le choix de Conakry pour ces audiences hors siège est une reconnaissance diplomatique et judiciaire majeure. » Comme vous le savez, la Cour de justice de la CEDEAO joue un rôle essentiel dans la consolidation de la légalité communautaire. Par ses décisions, elle contribue à garantir le respect des engagements pris par les États membres, tout en offrant aux citoyens un recours effectif contre les violations de leurs droits fondamentaux. » à fait savoir le ministre de la justice.« Cette session constitue un témoignage éloquent de l’engagement de la CEDEAO à rapprocher la justice des citoyens. La Guinée réaffirme son attachement à la primauté du droit et à ses obligations internationales », a déclaré le Ministre Ibrahima Sory de Tounkara.
L’objectif final de cette semaine intense est de créer une synergie entre les magistrats, les avocats, la société civile et la Cour communautaire.
Par Mimi Bangoura, pour Lerenifleur224.com