Élections du 31 mai : les tribunaux de Mafanco et Dixinn en pleine activité

À quelques semaines des élections législatives et communales prévues le 31 mai prochain, les contentieux électoraux continuent de mobiliser les juridictions de la capitale guinéenne. Les tribunaux de première instance de Mafanco et de Dixinn sont en première ligne pour examiner les recours introduits par plusieurs partis politiques contestant certaines décisions liées au processus électoral.

Au tribunal de Mafanco, le procureur de la République, Kanfory Camara, a tenu à clarifier la position du ministère public face aux critiques sur la lenteur de la procédure. Selon lui, aucune volonté de retarder le traitement des dossiers n’existe.

« Le ministère public n’a aucun intérêt à faire traîner la procédure. Bien au contraire, notre souhait le plus ardent est que la vérité éclate », a-t-il affirmé. Il a toutefois souligné que la manifestation de la vérité repose sur l’audition de témoins clés, dont la comparution reste parfois difficile pour des raisons indépendantes de la volonté des autorités judiciaires. Le renvoi de certaines audiences vise ainsi à permettre la finalisation des démarches nécessaires pour garantir un procès équitable.

De son côté, Me Baba Nabé, avocat impliqué dans plusieurs dossiers, s’est illustré par des victoires judiciaires significatives. Constitué le 23 avril 2026 dans un contentieux électoral, il a défendu les intérêts du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC). Après examen du dossier, il a relevé une violation de l’article 242 du Code électoral, qui impose la notification des décisions de rejet au moins dix jours avant la proclamation des résultats. Or, selon lui, les résultats publiés le 22 avril n’ont été précédés d’aucune notification, constituant une irrégularité majeure. Saisi le 24 avril, le tribunal de Dixinn a donné raison à son client, faisant du PPC le seul parti à obtenir gain de cause parmi une quinzaine de formations engagées dans la procédure.

Par ailleurs, Me Nabé a également obtenu une décision favorable dans une affaire concernant le Mouvement de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), proche de la mouvance présidentielle. Le recours portait sur la rectification d’une erreur matérielle liée à l’incompatibilité de certains candidats avec les fonctions de député-maire et de conseiller communal. Le tribunal a ordonné les corrections nécessaires, validant ainsi la démarche du parti. L’avocat s’est félicité de ces décisions qu’il qualifie de « justes », saluant au passage le courage des magistrats. « On commence à voir en Guinée des juges très courageux qui disent le droit », a-t-il déclaré, estimant que ces jugements témoignent d’une avancée notable de la démocratie dans le pays, malgré les oppositions institutionnelles.

À l’approche d’un scrutin crucial, les décisions rendues par les tribunaux de Mafanco et de Dixinn mettent en lumière les enjeux de transparence et de respect des règles électorales en Guinée. Entre exigences juridiques, contraintes pratiques et pressions politiques, la justice apparaît plus que jamais comme un pilier central du processus démocratique, appelée à garantir l’équité et la crédibilité des élections à venir.

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com