Renforcement des capacités de la Cour suprême : un atelier stratégique à l’approche des élections du 31 mai 2026

À quelques semaines des élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a procédé ce lundi 20 avril 2026 au lancement d’un atelier de deux jours à l’intention des hauts magistrats et greffiers de la Cour suprême. Cette initiative vise à renforcer leurs compétences en matière de contentieux électoral, dans un contexte où la crédibilité du processus démocratique repose largement sur l’efficacité de la justice.

La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs membres du cabinet du ministère de la Justice. L’objectif est clairement affiché : « doter l’ensemble des magistrats et greffiers de la Cour suprême d’un socle commun de références, de réflexes professionnels et de méthodes de traitement », afin de garantir des décisions cohérentes, juridiquement solides et rendues dans des délais compatibles avec les impératifs électoraux.

Dans son intervention, Mountaga Sylla, représentant de Global Expertise Guinée Partnership for Integrity, a salué « l’engagement constant de la Cour suprême dans la consolidation de notre État de droit ».

Il a insisté sur la portée de cet atelier, organisé « à quelques semaines d’une échéance électorale majeure », soulignant qu’il s’inscrit dans « une démarche claire et assumée, celle de sécuriser juridiquement le processus électoral et de garantir la stabilité institutionnelle du pays ».

Évoquant l’expertise des structures organisatrices, il a précisé que celles-ci sont composées « d’experts électoraux […] ayant en moyenne plus de 15 ans d’expérience dans le processus électoral, la gouvernance et la consolidation de la paix ». Il a également rappelé l’importance du contentieux électoral, qualifié de « pilier de la souveraineté de l’État », affirmant qu’« il ne peut y avoir de souveraineté pleinement exercée sans une justice électorale crédible ».

Mountaga Sylla a par ailleurs mis en avant la nécessité de concilier célérité et rigueur : « statuer dans un délai raisonnable, sans sacrifier la qualité de l’analyse ni les droits de la défense ».

Selon lui, « trop de précipitation fragilise la décision, trop de lenteur fragilise l’État ». Face à des contentieux de plus en plus complexes, marqués notamment par « la diffusion rapide d’informations, parfois erronées ou manipulées », il estime que le juge joue un rôle central dans la préservation de la crédibilité du processus électoral.

Prenant la parole à son tour, le Premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a souligné

« le sens élevé de responsabilité institutionnelle » qui entoure cet atelier. Il a exprimé sa reconnaissance envers le ministre de la Justice, dont la présence « traduit l’importance que le Gouvernement accorde à la consolidation de l’État de droit, en particulier dans les périodes électorales ».

Insistant sur le rôle de la Cour suprême, il a rappelé qu’elle est « la gardienne de la légalité et la garante de l’unité de l’interprétation du droit ». À ce titre, elle doit traiter les contentieux électoraux avec « une exigence accrue de rigueur juridique, de célérité procédurale et d’impartialité absolue ».

Pour lui, cet atelier dépasse le simple cadre d’une formation : « il s’agit d’un exercice stratégique de mise à niveau collective », destiné à « harmoniser les pratiques » et à anticiper les difficultés à venir. Il a également mis en garde sur la portée des décisions judiciaires

« vous serez appelés à statuer sur des litiges dont les implications dépassent souvent les seules parties en cause, pour toucher à la crédibilité même du processus démocratique ».

Le Premier président a enfin insisté sur la confiance que doit inspirer le juge électoral, reposant sur « la constance de la jurisprudence, la lisibilité des décisions et le strict respect des principes d’indépendance, d’impartialité et de neutralité ».

Clôturant la série d’allocutions, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a salué

« l’initiative du Premier Président de la Cour suprême », qui traduit « une compréhension fine des enjeux institutionnels liés aux échéances électorales ». Il a insisté sur le fait que les élections « constituent le socle de la légitimité démocratique » et que leur crédibilité dépend à la fois de leur organisation et de « l’efficacité des mécanismes de régulation juridictionnelle ».

Selon lui, cet atelier constitue « un levier stratégique de préparation opérationnelle », permettant d’assurer « une maîtrise homogène des règles applicables » et « une harmonisation des pratiques juridictionnelles ». Il a rappelé aux participants qu’ils seront « au cœur d’un dispositif particulièrement sensible », leurs décisions ayant « un impact direct sur la perception de la régularité des élections ».

Le ministre a également souligné l’engagement des autorités à organiser

« des élections apaisées, transparentes et crédibles », précisant que le renforcement des capacités des acteurs judiciaires est « une priorité stratégique ». Il a enfin encouragé la Cour suprême à capitaliser les acquis de cet atelier pour élaborer « des référentiels pratiques » et renforcer la prévisibilité des décisions.

À travers cet atelier, la Cour suprême et le ministère de la Justice affichent une volonté commune d’anticiper les défis liés au contentieux électoral et de garantir un cadre juridictionnel fiable à l’approche des scrutins du 31 mai 2026. Entre exigences de rapidité, de rigueur et d’impartialité, les magistrats sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la consolidation de la démocratie et la préservation de la stabilité institutionnelle du pays.

Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com