Guinée : la justice face aux dérives des réseaux sociaux, une décision qui divise l’opinion.

À l’ère du numérique, les réseaux sociaux se sont imposés en Guinée comme l’un des outils incontournables de communication, de divertissement et d’influence. Mais derrière cette vitrine moderne, un phénomène préoccupant prend de l’ampleur : l’utilisation de ces plateformes comme tribunes d’invectives et de règlements de comptes publics.

La récente décision du Tribunal de Première Instance (TPI) de Mafanco dans l’affaire opposant l’artiste Yama Sega et la vlogueuse Maya la Solution, poursuivies pour injures et atteinte à la dignité humaine, a ravivé le débat au sein de l’opinion publique. Ce mardi 21 avril, plusieurs citoyens ont réagi à cette décision judiciaire qui ne laisse personne indifférent. Pour Abbas Camara, la sanction prononcée reste largement insuffisante au regard des faits reprochés.

« La décision a surpris tout le monde. Tous les autres devraient prendre exemple, mais ces sanctions doivent être plus sévères. La loi doit être au-dessus de tout le monde. Ce n’est pas un bon exemple », déplore-t-il, appelant à des peines plus dissuasives, allant jusqu’à des sanctions privatives de liberté. À l’opposé, M’Mah Soumah salue une décision qu’elle juge nécessaire dans un contexte où les limites sont de plus en plus franchies sur les plateformes numériques. « L’État a bien fait. Ce qu’elles ont fait est une grave erreur. On ne peut pas s’exposer sur les réseaux pour s’humilier ainsi. Cette décision peut servir de leçon pour les autres », estime-t-elle, insistant sur la responsabilité individuelle des utilisateurs.

De son côté, Diouldé Diallo appelle à une approche plus structurelle. Pour lui, au-delà des sanctions, il est impératif de renforcer la régulation des contenus en ligne.

« Il faut mettre en place des restrictions et un contrôle efficace. Toute personne qui enfreint les règles doit être sanctionnée pour éviter la récidive. Il y a aussi un problème d’éducation, car quelqu’un de bien éduqué ne peut pas se livrer à des injures publiques », analyse-t-il.

Reste à savoir si démarche de la justice s’appliqueront sur d’autres personnes qui livre à ces pratiques indécent sur les réseaux sociaux.

Par Mimi Bangoura, pour Lerenifleur224.com