Guinée : lancement d’une campagne nationale contre les maladies invalidantes et les malformations congénitales.

Le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités a procédé, ce mercredi, au lancement officiel d’une campagne de sensibilisation sur les maladies invalidantes et les malformations congénitales. La cérémonie, organisée dans un réceptif de la place, a connu la présence de plusieurs autorités, dont la gouverneure de la ville de Conakry M’Mahawa Sylla et Dr Makalé Traoré membre du cadre de dialogue inter Guinéen.

Prévue du 08 au 09 avril, cette campagne vise à informer les populations sur les causes, les conséquences et les moyens de prévention de ces pathologies, tout en luttant contre les stigmatisations dont sont souvent victimes les personnes concernées.

Présidant la cérémonie, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Pauline Adeline Patricia Lamah, a souligné l’ampleur du défi que représentent ces maladies pour le système de santé guinéen. Dans son discours, elle a rappelé que les maladies invalidantes qu’il s’agisse de malformations congénitales, d’accidents vasculaires cérébraux, de poliomyélite, de diabète ou encore des séquelles d’accidents de la circulation  constituent un véritable problème de santé publique. Selon elle, bien que les statistiques nationales restent limitées, environ 2,2 % des décès seraient liés à ces affections.

« Une proportion importante de ces cas pourrait être prise en charge efficacement si un diagnostic précoce et un accès adéquat aux soins étaient garantis », a-t-elle indiqué.

Au-delà des enjeux sanitaires, la ministre a insisté sur les répercussions économiques de ces pathologies. Les invalidités physiques, temporaires ou permanentes, réduisent la participation des personnes touchées à la production nationale, constituant ainsi un frein au développement.

« Une nation qui laisse une partie de ses citoyens en marge se prive de son propre potentiel », a-t-elle affirmé, plaidant pour un investissement accru dans la prévention.

La question de la stigmatisation a également occupé une place centrale dans les échanges. Dans certaines communautés, les enfants atteints de malformations congénitales sont encore perçus comme des

« enfants malchance », une vision que la ministre a fermement dénoncée. Elle a rappelé que, grâce aux progrès médicaux et à une prise en charge appropriée, ces personnes peuvent mener une vie active et contribuer pleinement au développement socio-économique du pays.

Cette campagne se veut ainsi un levier de changement de mentalités, en impliquant l’ensemble des acteurs sociaux : leaders religieux, responsables communautaires, organisations de la société civile et médias. Tous sont appelés à jouer un rôle clé dans la diffusion des messages de prévention et dans la promotion d’une société plus inclusive.

De son côté, Dr Makalé Traoré a mis l’accent sur l’importance de l’alimentation dans la prévention de certaines maladies. Elle a notamment appelé à une réduction de la consommation du sucre, du sel et de l’huile.

« Si nous adoptons plus de discipline dans notre alimentation, notre santé s’améliorera considérablement », a-t-elle conseillé.

Enfin, les autorités ont salué les efforts du gouvernement ainsi que l’appui des partenaires techniques et financiers, tout en reconnaissant les défis persistants, notamment en matière d’accès équitable aux soins et de mobilisation des ressources.

Par Mimi, pour lerenifleur224.com