Thierno Amadou Oury Diallo à la famille judiciaire : « Revoyons notre façon de travailler »

Un vibrant hommage a été rendu ce mardi au magistrat Malick Marcel Oularé, décédé le 27 mars dernier à l’hôpital Ignace Deen. C’est dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry que s’est tenu un symposium marqué par des interventions fortes, en présence du garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme.

Parmi les prises de parole marquantes, celle de Maître Thierno Amadou Oury Diallo a retenu l’attention par son ton à la fois introspectif et interpellateur. L’avocat a invité l’ensemble des acteurs du système judiciaire à une profonde remise en question, centrée sur la vérité, l’éthique et la responsabilité.

« Nous devons changer notre façon de travailler. Est-ce que nous disons la vérité ? Est-ce que nous servons le peuple ? », a-t-il lancé d’entrée, appelant magistrats et avocats à examiner leur conscience professionnelle.

Dans un discours empreint de spiritualité, Maître Diallo a rappelé la dimension sacrée de la fonction de magistrat. Selon lui, rendre la justice ne se limite pas à l’application des textes, mais engage une responsabilité morale élevée.

« Les magistrats ne doivent jamais oublier qu’ils exercent une profession divine », a-t-il affirmé, soulignant que la mission du juge est avant tout de dire le droit avec vérité, et non d’accuser. Poursuivant son analyse, il a également interpellé les avocats sur leur rôle d’intermédiaires entre le justiciable et la justice. Il a insisté sur la nécessité d’adopter des pratiques rigoureuses, honnêtes et fondées sur des procédures régulières.

« Est-ce que nous disons la vérité à nos clients ? Est-ce que les demandes que nous soumettons au juge sont fondées ? », a-t-il questionné, invitant à une réforme des pratiques professionnelles. Ce discours, à la fois critique et constructif, s’inscrit dans un contexte où la confiance des citoyens envers la justice reste un enjeu majeur. L’hommage rendu à Malick Marcel Oularé a ainsi servi de cadre à une réflexion plus large sur les valeurs qui doivent guider l’institution judiciaire.

Au-delà de la commémoration, ce symposium aura été un moment de vérité pour le monde judiciaire guinéen. L’intervention de Maître Thierno Amadou Oury Diallo résonne comme un appel à l’intégrité, à la rigueur et à la responsabilité collective.

En honorant la mémoire d’un magistrat disparu, c’est toute une profession qui est invitée à se réinventer pour mieux servir la justice et, surtout, le peuple.

Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com