Mois des droits des femmes : Hadja M’Ballou Fofana appelle les femmes à oser revendiquer leurs droits.
À l’occasion du mois de mars consacré à la promotion et à la défense des droits des femmes, notre correspondant a rencontré, ce lundi 17 mars 2026, Hadja M’Ballou Fofana, présidente du Réseau national des femmes rurales de Guinée et cheffe d’entreprise. Connue pour son engagement en faveur de l’autonomisation des femmes, cette figure du leadership féminin en Guinée s’est exprimée sur les avancées juridiques, mais aussi sur les défis qui persistent dans l’application des droits des femmes.
Selon elle, la femme guinéenne bénéficie aujourd’hui de plusieurs acquis sur le plan juridique, aussi bien au niveau national qu’international. Elle rappelle que la Guinée a ratifié de nombreuses conventions en faveur de la promotion et de la protection des femmes, notamment celles visant l’élimination de toutes les formes de violence à leur égard.
<< La femme guinéenne a eu beaucoup d’avantages en ce qui concerne les textes. Que ce soit le code civil ou les différentes conventions internationales pour la promotion de la femme, la Guinée les a ratifiées. Cela constitue déjà un avantage important pour les femmes >>, a-t-elle expliqué.Cependant, Hadja M’Ballou Fofana souligne que le principal problème réside dans l’application de ces textes et dans la méconnaissance des droits par de nombreuses femmes.
<< Beaucoup de femmes ne connaissent pas leurs droits. Elles ont souvent peur de se tourner vers les services de l’État ou vers la justice. Par exemple, une femme victime de viol peut craindre le regard de la société et la stigmatisation de sa famille. Pourtant, si l’on ne saisit pas la justice, il est difficile d’obtenir réparation >>, a-t-elle déploré.
Pour la présidente du réseau des femmes rurales, les femmes leaders ont aujourd’hui la responsabilité d’encourager les autres à défendre leurs droits et à dénoncer les injustices, notamment les cas de harcèlement au travail ou les discriminations dans l’accès aux opportunités économiques.<< Quand tes droits sont bafoués, tu dois pouvoir les revendiquer. Si une femme est harcelée pour obtenir un emploi, un marché ou un avantage professionnel, elle doit avoir le courage de dénoncer. Les femmes doivent oser et ne plus se laisser freiner par la peur du jugement social >>, a-t-elle insisté.
Par ailleurs, Hadja M’Ballou Fofana rappelle que les femmes jouent un rôle central dans l’économie et dans la gestion des communautés. Elle souligne que de nombreuses femmes occupent aujourd’hui des postes de responsabilité dans différents secteurs, même si leur contribution reste parfois peu visible.

<<Les femmes tiennent une grande place dans l’économie et dans la gestion des familles. Aujourd’hui, certaines sont présidentes de conseils d’administration, travaillent dans les mines, dirigent des entreprises de BTP ou occupent des fonctions diplomatiques. Mais le problème reste souvent la communication, car toutes les femmes n’ont pas accès aux médias pour faire connaître leurs actions >>, a-t-elle indiqué. Elle invite également les jeunes femmes à s’inspirer des modèles de réussite et à croire en leurs capacités, tout en rappelant que l’agriculture et l’entrepreneuriat sont aujourd’hui des secteurs porteurs.
<<Nous voulons ouvrir la voie et montrer que c’est possible. On peut travailler à l’intérieur du pays, réussir et rester élégante. Autrefois, on disait que l’agriculture était un métier sale, mais aujourd’hui les mentalités changent. Les femmes doivent s’inspirer de celles qui ont réussi et ne pas hésiter à consulter celles qui connaissent leurs droits >>, a-t-elle lancé. Cependant,elle souligne que certaines réformes juridiques récentes, notamment les lois 019 et 020, constituent selon elle une avancée importante pour l’amélioration de la situation des femmes en Guinée.
Par Mohamed camara pour Lerenifleur224.com