Maison centrale de Conakry : un garde pénitentiaire devant la justice nie avoir introduit des substances psychotropes en prison
Un garde pénitentiaire, Lamine N’Diaye, a comparu ce mardi 10 mars 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. Placé en détention depuis le 12 février dernier, il est poursuivi pour détention et introduction de substances psychotropes dans un établissement pénitentiaire. Selon les accusations portées contre lui, le prévenu aurait introduit des substances psychotropes au sein de la maison centrale de Conakry. À la barre, Lamine N’Diaye a toutefois rejeté catégoriquement les faits qui lui sont reprochés.
Son interpellation remonte au 12 février 2026, lors d’une fouille inopinée menée par des gendarmes à la maison centrale de Conakry. Au cours de cette opération, le garde pénitentiaire aurait été trouvé en possession d’un sac plastique contenant plusieurs objets considérés comme prohibés. Devant le tribunal, il a plaidé non coupable.
« Je ne reconnais pas ces faits. J’exerce ce métier depuis l’an 2000 et j’ai servi dans dix préfectures du pays. Jamais je n’ai été mêlé à une affaire de ce genre », a-t-il déclaré devant les juges.
Dans sa déposition, le prévenu a également retracé les circonstances de son arrestation. Selon lui, tout serait parti d’une opération de fouille menée par des gendarmes à la prison.
« Le mardi 10 février 2026, un important groupe de gendarmes est arrivé à la maison centrale pour effectuer une fouille. J’étais chef de brigade et nous étions de garde ce jour-là. Comme ils ont vu mon téléphone allumé, ils ont pensé que je les filmais. Pourtant, je venais de fouiller des détenus, ce qui fait partie de nos missions. J’avais récupéré sur eux des téléphones et des substances psychotropes que j’avais mis dans un sac plastique pour aller faire un compte rendu à mes supérieurs. C’est à ce moment qu’ils ont vu mon téléphone allumé et ont cru que je les filmais », a-t-il expliqué.
Il affirme que les gendarmes l’ont ensuite conduit au haut commandement de la gendarmerie. Là, selon lui, plusieurs objets ont été présentés comme lui appartenant, notamment des ciseaux, des téléphones, de la drogue et de l’argent en devises.
Lamine N’Diaye conteste fermement cette version et soutient que ces objets ne lui appartiennent pas.
« Les objets présentés devant la presse ne sont pas les miens. C’est le colonel qui les a placés sur la table. Les ciseaux, l’argent en devises et la drogue ne se trouvaient pas dans le sac que je détenais. Dans mon sac, il y avait seulement des comprimés, cinq téléphones, des barrettes et quatre millions de francs guinéens que les gendarmes ont emportés », a-t-il précisé.
Le prévenu est également revenu sur les tensions qui ont éclaté lors de cette fouille à la maison centrale. Selon lui, la manière dont l’opération a été menée aurait provoqué la colère des détenus.
« Les gendarmes sont entrés armés dans la prison et ont tiré des coups de feu. Ils ont pris des biens appartenant aux détenus pour les mettre dans leurs sacs. Tout le monde a été contraint de regagner les cellules et des détenus ont été battus. C’est cette situation qui a provoqué la révolte. Lorsque les détenus se sont soulevés, ils nous ont repoussés à l’intérieur. Nous nous sommes dirigés vers la porte afin d’éviter toute tentative d’évasion », a-t-il affirmé.
À l’issue de cette déposition, le ministère public a demandé au tribunal de faire comparaître le régisseur de la maison centrale, le commandant Moriba, ainsi que le chef de mission de la fouille, le colonel Cissé, afin d’apporter des éclaircissements supplémentaires. La défense s’est opposée à cette requête, estimant qu’elle n’avait pour objectif que de retarder la procédure.
« C’est une demande fantaisiste destinée à retarder le traitement du dossier. Si, par extraordinaire, le tribunal décidait de renvoyer l’affaire, nous sollicitons la mise en liberté provisoire de notre client », ont plaidé les avocats du prévenu.
Après de longs échanges entre les différentes parties, le tribunal a finalement rejeté la demande du ministère public. La juridiction a toutefois décidé de maintenir Lamine N’Diaye en détention et a ordonné un supplément d’information afin de poursuivre les investigations dans cette affaire.
Par lerenifleur224.com