Bah Oury à propos de la tension frontalière : « Nos destins sont liés », message d’apaisement à la Sierra Leone

Après un regain de tension la semaine dernière, Guinée et Sierra Leone semblent désormais privilégier l’apaisement. Les deux pays voisins s’étaient mutuellement accusés d’incursions sur leur territoire respectif, provoquant un incident diplomatique marqué par l’arrestation de seize soldats et policiers sierra-léonais par des militaires guinéens. Depuis, les lignes ont bougé. Mardi dernier, la crispation était à son comble le long de la frontière commune, alimentant les inquiétudes d’une escalade. Mais à Conakry comme à Freetown, le ton s’est nettement adouci. Les autorités des deux États affichent désormais leur volonté de régler le différend par la concertation.

Intervenant chez nos confrères de Radio France Internationale (RFI) ce vendredi 27 février 2026, le Premier ministre guinéen Bah Oury a tenu à rassurer l’opinion publique. Il a affirmé que la Guinée et la Sierra Leone « n’entreront jamais en conflit », invoquant la profondeur des liens historiques entre les deux nations.

« Sur instruction du Président de la République, nous nous acheminons vers une gestion diplomatique de cette question. Et nous allons encore réitérer à nos voisins qui sont nos frères, avec qui nous partageons tout, les bonheurs comme les malheurs », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement a rappelé le soutien constant des autorités sierra-léonaises lors des moments difficiles traversés par la Guinée, citant notamment l’appui du président Julius Maada Bio et de son équipe lors de crises majeures. Il a évoqué l’explosion du principal dépôt d’hydrocarbures à Conakry ainsi que les épreuves communes liées à la propagation de la fièvre hémorragique Ebola, qui avait durement frappé les deux pays.

« Nos destins sont liés. (…) La Guinée est un pays de paix. Et les actions diplomatiques seront toujours mises en avant pour régler tous les problèmes », a insisté Bah Oury, tout en soulignant qu’« il n’y a pas de raison que des soldats soient envoyés jusqu’à empiéter le territoire national sous prétexte de manifester concrètement une souveraineté quelconque ».

Si les déclarations officielles traduisent une volonté claire de désamorcer la crise, la situation reste suivie de près par les autorités des deux côtés de la frontière. La gestion de cet incident apparaît comme un test pour la solidité des mécanismes de coopération bilatérale et régionale en Afrique de l’Ouest.

En optant pour la diplomatie plutôt que la confrontation, Conakry et Freetown envoient un signal fort dans une sous-région régulièrement éprouvée par les tensions sécuritaires. Les propos de Bah Oury réaffirment une ligne politique fondée sur le dialogue et la mémoire d’épreuves partagées. Reste désormais à traduire ces engagements en actes concrets afin de consolider durablement la confiance entre deux pays dont, selon les mots du Premier ministre guinéen, « les destins sont liés ».

Par Rama Fils, lerenifleur224.com