À l’entame du mois saint de Ramadan, le constat est alarmant dans les différents marchés de la ville de Kindia. Les prix des denrées alimentaires connaissent une hausse vertigineuse, rendant le panier de la ménagère de plus en plus difficile à supporter.

Au grand marché de Kindia, le sac d’aubergines, qui se négociait auparavant entre 150 000 et 250 000 francs guinéens, se vend désormais entre 450 000 et 500 000 GNF. Le sac de gombo atteint 1 000 000 à 1 200 000 GNF, tandis que le sac de pommes de terre est passé de 300 000 à 350 000 GNF.Si le prix de l’huile d’arachide reste relativement stable, celui de l’huile rouge a grimpé jusqu’à 360 000 GNF. Les condiments, notamment le piment et le poisson, n’ont pas échappé à cette hausse généralisée. Rencontrée sur place, une vendeuse de gombo justifie cette augmentation par le contexte du Ramadan et la cherté de l’approvisionnement
« Nous négocions actuellement un caoutchouc de gombo entre 140 000 et 250 000 GNF. À ce prix, nous n’avons presque rien à gagner, alors que nous avons aussi des bouches à nourrir. Un seul gombo est vendu entre 1 000 et 2 500 GNF selon la taille »,
explique-t-elle, avant de lancer un appel aux autorités pour une régulation des prix.Du côté des clientes, l’inquiétude est palpable. Venue s’approvisionner en condiments, M’mahawa Sylla déplore la flambée des prix.

« Le marché est très cher en ce début de Ramadan. L’argent qu’on te donne ne suffit pas. Même avec 400 000 GNF, tu ne peux pas couvrir tes besoins. Le poisson, le piment, le gombo, tout a augmenté. Nous souffrons énormément, surtout nous les femmes », confie-t-elle.Selon elle, certaines familles vivent dans une situation encore plus précaire.
« Il y a des femmes dont les maris sont décédés ou qui n’ont pas de moyens. Nous demandons au gouvernement de revoir les prix afin d’alléger le panier de la ménagère », insiste-t-elle.En cette période de pénitence et de solidarité, traditionnellement marquée par le partage et la générosité, la flambée des prix vient assombrir le quotidien de nombreux foyers.
À Kindia, le Ramadan 2026 s’ouvre ainsi sous le signe de la cherté de la vie. Entre vendeurs confrontés aux coûts d’approvisionnement et ménagères à bout de souffle, la question du pouvoir d’achat s’impose plus que jamais comme une urgence sociale.
Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com.