Kankan : les habitants de Missiran et Sitakourou manifestent contre le retard des travaux de la route Silaba–Oulen

Les habitants des quartiers Missiran et Sitakourou sont descendus dans la rue tôt dans la matinée de ce lundi 16 février 2026 pour protester contre le retard des travaux de la route Silaba–Oulen. Excédée par l’état de dégradation avancée de cet axe, la population dénonce une situation qui dure depuis près de trois ans et qui affecte gravement son quotidien.

Munis de pancartes et scandant des slogans hostiles à l’entreprise en charge des travaux, notamment « Guiter zéro », les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de manque de sérieux et d’abandon du chantier.

Selon eux, la poussière et les caniveaux creusés puis laissés à l’abandon rendent la circulation dangereuse, surtout la nuit. Plusieurs riverains évoquent des maladies respiratoires ainsi que des pertes économiques pour les commerçants, dont les marchandises sont constamment couvertes de poussière.

Yacouba Diallo, l’un des porte-parole des manifestants, s’est exprimé en ces termes

« Nous sommes sortis ce matin parce que toute la population est fatiguée. Cela fait maintenant trois ans que cette route est dans cet état. Le soir, les conducteurs ne se voient même pas ; ils sont obligés d’allumer les phares. Nous demandons au gouvernement de venir à notre aide. Nous voulons une route maintenant. »

Une autre manifestante a également exprimé son mécontentement

« Nous sommes sortis ce matin femmes, hommes, jeunes et vieux parce que nous sommes fatigués. Dès que tu entres dans notre quartier, c’est la poussière qui t’accueille. Toute la journée, nos enfants tombent dans les caniveaux. Même les conducteurs y tombent. Ils ont creusé ces caniveaux sans suite. Nous souffrons vraiment et nous demandons au gouvernement de nous aider. » Un autre manifestant a renchéri :

« C’est pour montrer aux autorités guinéennes que nous souffrons. On en a marre. La poussière nous fatigue, tout le monde est enrhumé dans ce quartier. Même pour arroser la route, Guiter est incapable de le faire. S’ils ne peuvent pas réaliser les travaux, qu’ils le disent pour qu’on confie le chantier à d’autres. »

Avant d’ajouter :

« Moi-même, je suis enrhumé. Nous sommes sortis pour montrer notre mécontentement. Quand tu arrives dans ta boutique, toute ta marchandise est couverte de poussière. Si Guiter ne peut pas, qu’elle cède le chantier à une autre entreprise. »

Sur les lieux, la présence des autorités administratives a été constatée, notamment celle du préfet et du président de la délégation spéciale.

S’adressant aux manifestants, Arafan Moussa Koulibaly, président de la délégation spéciale, a tenté de calmer les esprits en expliquant les démarches déjà entreprises

« Vos chefs de quartiers sont venus me voir jeudi dernier à propos de cette situation. J’ai immédiatement appelé le responsable de l’entreprise pour qu’il commence l’arrosage, et il m’a promis de venir. À ma grande surprise, c’est le gouverneur qui m’a informé que la route était barricadée. En arrivant ici, je l’ai de nouveau contacté ; il m’a dit qu’il craignait des attaques. Je vous prie d’accepter qu’il commence par arroser la route matin et soir. Les travaux seront achevés. Le président a d’ailleurs instruit toutes les entreprises de terminer leurs chantiers. Vous êtes sortis parce que vous souffrez, et nous allons vous aider à mettre fin à cette situation, puis transmettre l’information aux autorités compétentes. »

Kadija Kolou Condé, pour lerenifleur224.com