Nouveau-né abandonné à Gbérédou-Kignèro : la mère interpellée et transférée à Kouroussa

La sous-préfecture de Gbérédou-Kignèro, située dans la préfecture de Kouroussa, a été le théâtre d’un fait bouleversant dans la journée du samedi 14 février 2026. Un nourrisson a été retrouvé abandonné au fond d’une latrine avant d’être secouru par des jeunes du quartier, puis transporté d’urgence dans une structure sanitaire de la localité.
Quelques heures après les faits, une jeune dame prénommée Kandia a été suspectée puis interpellée.

Selon les informations recueillies auprès de Kaba Kanté, infirmier d’État et agent suppléant du Programme élargi de vaccination (PEV), la mise en cause est passée aux aveux. D’après les explications fournies, aux environs de 20 heures, alors que le nourrisson était placé sous surveillance médicale et que la police poursuivait les enquêtes, des soupçons se sont portés sur la jeune femme.
« Hier à 20 heures, puisque l’enfant était sous notre garde pour les soins et que la police était en enquête, une de nos camarades infirmières a signalé que l’auteure présumée était avec sa grande sœur dans la concession où le nourrisson a été retrouvé au fond de la latrine. Elle passait la nuit chez son père et la journée chez sa grande sœur. Elle avait déjà un enfant de deux ans. Quand elle est revenue dans la concession familiale, certains ont commencé à douter, car ils savaient qu’elle était enceinte », explique notre interlocuteur.
Mère célibataire d’un enfant de deux ans, Kandia séjournait en effet entre la concession de son père et celle de sa grande sœur.
« Ses parents l’ont envoyée chez notre camarade infirmière pour vérification. Lors de la consultation, l’infirmière a constaté qu’elle venait d’accoucher et lui a demandé où se trouvait le nouveau-né. Informée qu’un nourrisson avait été abandonné dans une toilette, la femme a répondu que l’endroit où l’enfant a été retrouvé était sa maison. Elles sont parties à l’hôpital et moi aussi je m’y suis rendu. Après les explications, j’ai pris la moto pour me rendre dans la famille indiquée. À mon arrivée, la famille était en train de l’insulter et certaines personnes voulaient même la frapper. J’ai demandé qu’on la laisse », poursuit-il.
Des aveux confirmés
Alertée, la jeune dame a été interrogée.
« J’ai appelé la jeune dame et je lui ai demandé si c’était son bébé. Elle m’a répondu que oui. Je lui ai ensuite demandé si c’était elle qui l’avait jeté dans la toilette. Elle a répondu que oui, que c’était elle. C’est ainsi que je l’ai conduite chez le commissaire, où elle est restée jusqu’au matin. Une mission est venue la chercher pour l’envoyer à Kouroussa avec le bébé », rapporte la même source.
Une mission venue de Kouroussa a effectivement procédé à son transfert, en compagnie du nourrisson, pour la suite des investigations.
« J’ai eu peur »
Au cours de son audition, la jeune femme, non mariée, a donné davantage d’explications.
« Elle n’est pas mariée. Je lui ai demandé si l’enfant qui vivait avec elle était le sien ; elle a dit oui. Je lui ai demandé où se trouvait le père ; elle a répondu que le père de cet enfant ne l’avait pas reconnu. Je lui ai demandé pourquoi elle était tombée enceinte et avait jeté l’enfant dans la latrine. Elle a dit qu’elle avait eu peur et qu’elle ne connaissait même pas l’homme qui l’avait mise enceinte », confie notre source.
« J’ai eu peur », a-t-elle elle-même déclaré pour justifier son geste, ajoutant qu’elle ne saurait identifier le père du nouveau-né.
L’enquête se poursuit afin de déterminer toutes les circonstances de cette affaire qui a profondément choqué les habitants de Gbérédou-Kignèro et de la préfecture de Kouroussa. De son côté, le nourrisson continue de recevoir des soins médicaux.

Kankan Kadija Kolou condé pour lerenifleur224.com