Le parquet du Tribunal de première instance de Macenta, dirigé par le procureur de la République Salimou Diaby, est monté au créneau pour éclairer l’opinion publique après les violences meurtrières survenues dans le district de Bekony, secteur Brékony, commune urbaine de Macenta. S’appuyant sur l’article 8, alinéa 3, du Code de procédure pénale, le magistrat affirme vouloir couper court aux rumeurs et rétablir les faits, alors que le climat demeure tendu sur place.
Les événements remontent au jeudi 6 février 2026, aux environs de 13 heures. Selon les éléments communiqués par le parquet, une attaque d’une extrême violence a coûté la vie à Kpopayé Kolouboï Béavogui, mortellement atteint à la machette. L’auteur présumé, identifié comme Foromo Togba Haba, aurait auparavant agressé d’autres citoyens dans un établissement local.
Peu après les faits, l’homme a été pris à partie par une foule en colère. Victime d’un lynchage avant l’intervention des forces de l’ordre, il a été transporté à l’hôpital préfectoral de Macenta, où il a succombé à ses blessures le même jour, à 18 heures.
Face à la gravité de la situation, le procureur de la République s’est rendu personnellement sur les lieux le lundi 9 février à 10 heures, accompagné des enquêteurs de la Compagnie de gendarmerie territoriale de Macenta. Cette mission a permis de rencontrer la famille de la victime, de recueillir les premiers témoignages des sages du village et de mesurer l’ampleur des tensions communautaires nées du drame.
Le parquet fait également état de tentatives de séquestration et de représailles visant la famille du défunt auteur présumé, notamment des femmes et des enfants mineurs. Des actes qualifiés d’« inadmissibles » par le ministère public, qui rappelle que ces proches bénéficient de la protection de la loi. Toute atteinte à leur intégrité physique ou à leur liberté donnera lieu à des poursuites pénales immédiates, prévient le procureur.

Ci-dessous le communique du parquet de Macenta
Dans son communiqué, le parquet insiste sur un principe fondamental : la responsabilité pénale est individuelle. « Nul ne peut être poursuivi ou châtié pour le crime d’autrui », rappelle-t-il avec fermeté. Le lynchage de l’auteur présumé, bien que suscité par l’émotion, constitue lui-même une infraction grave. En mettant à mort un suspect clé, les auteurs de cette vengeance populaire ont, selon le parquet, compromis la manifestation de la vérité et potentiellement empêché l’identification d’éventuels coauteurs ou complices.
Le parquet de Macenta réaffirme par ailleurs que nul territoire n’échappe à l’autorité de la République. Une enquête exhaustive est en cours afin d’établir les circonstances exactes de l’homicide initial, d’identifier et d’interpeller les personnes impliquées dans les violences ayant entraîné la mort de l’auteur présumé, ainsi que de poursuivre les instigateurs des menaces et tentatives de séquestration contre la famille Haba.
Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com