Reconduit dans le nouveau gouvernement de la Cinquième République, Mory Condé a été nommé ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale. Il a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions ce vendredi 6 février 2024, à l’issue d’une cérémonie de passation de charges présidée par le secrétaire général du Gouvernement.
À cette occasion, le nouveau ministre a souligné la portée historique de son département, désormais érigé en pôle stratégique central de l’action publique sociale.
« Pour la première fois dans l’histoire administrative de notre pays, l’ensemble des secteurs de l’administration du travail est regroupé au sein d’un même département ministériel, offrant ainsi une vision intégrée, cohérente et stratégique de l’action de l’État dans les domaines de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale. Je mesure pleinement l’honneur qui m’est fait d’être le premier ministre appelé à conduire ce département. L’histoire politique et administrative de notre pays retiendra que le chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, dès les premières heures de la transition, a misé sur l’énergie et l’expertise des jeunes en leur confiant de hautes responsabilités stratégiques. Je tiens à saluer le travail accompli par mes prédécesseurs, notamment mon frère et ami François Faya Bourno », a déclaré Mory Condé.
Dans sa communication, le ministre a salué la vision du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, qui a fait le choix de confier des responsabilités stratégiques à des cadres jeunes et compétents. Il a rendu un hommage appuyé à ses prédécesseurs, en particulier à François Faya Bourno, pour le travail réalisé à la tête dudit département. Face aux défis structurels du pays, Mory Condé a décliné les grandes orientations de son action, articulées autour de quatre piliers fondamentaux.

« Notre action s’articulera autour de quatre piliers fondamentaux qui constitueront notre boussole quotidienne. L’emploi, notre priorité absolue. Nous lancerons un plan stratégique pour l’emploi et l’entrepreneuriat. Il ne s’agira pas d’un catalogue de promesses, mais d’un plan d’action concerté, territorialisé et assorti d’objectifs mesurables. Nous concentrerons nos efforts sur des secteurs à fort potentiel : l’agro-industrie, les mines avec un accent particulier sur la transformation locale, ainsi que le numérique et les services. Nous simplifierons radicalement le cadre légal des affaires pour les PME et créerons, en concertation avec ma collègue Mme Fatima et les ministères en charge de l’éducation et de la formation professionnelle, des passerelles efficaces entre la formation et les besoins réels des entreprises. Je serai le ministre du dialogue et de l’écoute. J’étends la main aux partenaires sociaux, organisations syndicales et patronales, afin d’instaurer un dialogue franc, sincère et permanent en milieu de travail. Ensemble, nous veillerons à l’amélioration des conditions de travail, à l’application juste du Code du travail, à la promotion de la sécurité et de la santé au travail, ainsi qu’à l’ancrage d’une culture de paix sociale et de productivité partagée. La lutte contre le travail des enfants, toute forme de discrimination et d’exploitation sera menée sans relâche. La protection sociale pour tous est notre devoir. Nous œuvrerons à la mise en place progressive d’un système de protection sociale universel, à travers l’élaboration de la loi sur les organismes de protection sociale, l’élargissement de la couverture sociale aux professionnels libéraux et aux travailleurs de l’économie informelle, le renforcement des régimes de retraite, ainsi que la mise en place de l’assurance chômage et de l’assurance maladie obligatoire. Personne ne doit être laissé au bord du chemin. La digitalisation des processus sera une priorité. Nous dématérialiserons l’ensemble des services du département afin de garantir la transparence et la redevabilité. La digitalisation ne sera pas un choix, mais une obligation dans le secteur du travail », a-t-il annoncé.
Dans un contexte marqué par la mise en œuvre du programme de développement socio-économique durable Simandou 2040, le ministre a rappelé les importantes opportunités en matière de création d’emplois et de développement des compétences nationales. Il a assuré que le recours à la main-d’œuvre étrangère sera strictement encadré par la législation nationale, avec pour priorité la protection de l’emploi local, le transfert de compétences et l’égalité de traitement entre travailleurs.
Poursuivant, Mory Condé a appelé à l’unité, à l’engagement et au professionnalisme de ses collaborateurs ainsi que de l’ensemble des acteurs gouvernementaux, réaffirmant sa volonté de bâtir une administration du travail moderne, crédible et résolument au service des citoyens guinéens.
« Je remercie le mouvement syndical pour la qualité de la collaboration passée. Chers collaborateurs, le chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, et le Premier ministre, Amadou Oury Bah, ont un seul mot d’ordre en matière d’emploi. Je compte sur votre engagement, votre compétence et votre professionnalisme. Ensemble, nous bâtirons une administration du travail moderne, crédible, proche du terrain et résolument au service de nos concitoyens. La mission qui nous attend est exigeante, mais porteuse d’espoir », a-t-il conclu.
Par Bountou Sylla, pour Lerenifleur224.com