Aboubacar Camara reconduit au ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures « Les attentes des populations sont légitimes, nos réponses doivent être concrètes, rapides et durables…»
Reconduit à la tête du ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, le ministre Aboubacar a été officiellement installé dans ses fonctions ce vendredi 06 février lors d’une cérémonie solennelle marquant le début d’un nouveau cycle de responsabilités républicaines.
Prenant la parole, le ministre a d’abord élevé une pensée de reconnaissance à Dieu, qu’il a invoqué comme source de sagesse et de vie, sollicitant santé, clairvoyance et force afin d’accomplir, avec dignité, la mission confiée au service de la Nation. Il a ensuite exprimé sa profonde gratitude au Président de la République pour la confiance renouvelée placée en sa personne.
«Je voudrais, en premier lieu, exprimer ma profonde reconnaissance à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, pour la confiance renouvelée qu’il m’accorde. Cette confiance n’est ni un privilège personnel, ni une consécration. Elle est un engagement tangible, un service exclusif rendu au peuple guinéen. Je salue également l’engagement constant de Mr le Premier ministre, dont la méthode, la rigueur et la capacité de coordination confèrent à l’action publique sa cohérence et sa lisibilité. Ma gratitude va aussi à l’ensemble de mes collègues ministres pour l’esprit de solidarité qui doit demeurer le socle de notre action collective. Nous avons refusé que notre avenir dépende de la chance ou de la bonne volonté d’autrui, toujours incertaine et réversible. Cette vision, portée avec constance par le Chef de l’État, impose aujourd’hui méthode, projection et discipline collective. Désormais, le respect se construit par la force collective d’un pays, et cette force repose sur le travail. Le travail exige l’unité, et l’unité exige le dépassement de soi. Si nous choisissons de travailler ensemble, en mettant de côté nos égos et nos divergences secondaires, nous nous renforçons collectivement. À défaut, nous nous affaiblissons dans un monde où la loi du plus fort tend à s’imposer. L’Histoire accompagne toujours les nations capables de se rassembler autour de l’essentiel. »
Abordant le fond de son action, il a rappelé que les secteurs placés sous sa responsabilité touchent à l’essence même de la dignité humaine.
« Les secteurs qui me sont confiés touchent à l’essence même de la dignité humaine. L’eau, l’assainissement et les hydrocarbures ne sont pas de simples lignes budgétaires. Ils constituent des droits fondamentaux, des leviers de justice sociale et des facteurs de stabilité nationale. Les attentes des populations sont légitimes. Nos réponses doivent être concrètes, rapides et durables. Dans le secteur de l’eau, nous devons accélérer sans délai la mise en œuvre du quatrième projet eau, consolider les acquis dans les capitales régionales et apporter des réponses adaptées à des villes comme Kouroussa, Kérouané ou Beyla, qui, depuis l’indépendance, n’ont pas bénéficié d’infrastructures à la hauteur de nos ambitions nationales. Mais au-delà des projets, c’est la gouvernance même du secteur qui doit évoluer. Nous devons repenser le financement avec lucidité et pragmatisme. Pendant trop longtemps, nous avons perdu un temps précieux dans des mémorandums d’entente sans issue avec certains partenaires Cette phase doit être dépassée. Il est temps d’ouvrir une nouvelle séquence fondée sur la mobilisation des capacités financières nationales. Nous devons travailler étroitement avec les banques locales afin de structurer des mécanismes d’investissement domestiques, adossés à des garanties de l’État. Le développement du secteur de l’eau ne peut plus dépendre exclusivement de financements extérieurs, incertains dans un monde en perpétuel mouvement. J’en appelle ici à l’administration, avec gravité et responsabilité. Elle doit sortir des chantiers battus, rompre avec les approches routinières et avancer avec une vision claire, structurée et strictement adossée à la mission qui lui est confiée. »
Malgré les efforts déjà consentis, le ministre a reconnu que la situation reste préoccupante, avec des villages où des femmes parcourent encore de longues distances pour accéder à l’eau potable. Une réalité qu’il a jugée inacceptable pour un pays qualifié de « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ».
Concernant le gaz domestique, Aboubacar a fixé une priorité claire.
« Dans le secteur du gaz domestique, la priorité est claire aucune rupture de stock ne sera tolérée, notamment à l’approche du mois de Ramadan. Grâce à la vision stratégique du Président de la République et au travail remarquable de la direction générale de FAPGaz, notre pays s’est doté de l’une des plus importantes unités industrielles de la sous-région. Nous ne pouvons plus accepter qu’un produit que nous encourageons pour préserver l’environnement connaisse des pénuries. Le Fonds Gaz devra permettre la mise en place, sur l’ensemble du territoire national, de centres capables de sécuriser durablement l’approvisionnement. En matière d’assainissement, notre action sera ferme, déterminée, mais toujours accompagnée d’un dialogue social responsable. » a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Aboubacar a insisté sur le rôle central des femmes et des hommes du ministère dans la réussite de cette mission.
« Nous faisons face à un défi national structurel qui exige innovation, réformes courageuses et déploiement cohérent sur tout le territoire. Rien de tout cela ne sera possible sans les femmes et les hommes de ce ministère. L’innovation exige la formation. Se former, c’est se préparer à mieux servir.Seul, on peut aller vite. Ensemble, nous irons plus loin. » a-t-il conclu.
Par Bountou Sylla, pour Lerenifleur224.com