Les habitants vivant à proximité des sites d’exploitation à Kindia, notamment dans le quartier Koliady 1, un quartier périphérique de la commune urbaine, font face à d’énormes difficultés. Ces populations subissent la destruction des champs agricoles et des bas-fonds, ainsi qu’une pollution persistante de l’environnement, affectant aussi bien l’air que les cours d’eau. Une situation préoccupante qui inquiète particulièrement les riverains de la carrière de sable de Boussoura, située dans la localité de Koliady.
M’Ballia Bangoura, riveraine de la carrière à Koliady 2, revient sur les nombreux désagréments causés par cette exploitation :
« Nous souffrons toute la journée, même la nuit, à cause de la poussière soulevée par les camions. Nos maisons et nos habits sont constamment sales. Nous demandons aux autorités de revoir notre situation, surtout le problème de la poussière. »
De son côté, Aboubacar Bangoura, chef de quartier de Koliady 1, l’exploitation des carrières peuvent causer des conséquences environnementales et sanitaires.
« La dégradation du terrain est énorme, surtout au niveau des bas-fonds, devenus improductifs pour les cultures maraîchères. Le sable issu de l’exploitation les rend difficiles à cultiver. La poussière affecte gravement les populations : difficultés respiratoires, maladies pulmonaires et même cardiaques », explique-t-il.
Pour sa part le chef section des Forêts et Faunes, l’orpaillage et l’exploitation des carrières causent d’importants dégâts.
« Partout où il y a de l’orpaillage, il faut s’attendre à une forte dégradation de l’environnement. Les mineurs creusent en profondeur, détruisent la couche superficielle du sol et abattent des arbres pour soutenir les galeries souterraines », précise-t-il.
Plus loin, le chef section des Forêts et Faunes rappelle l’importance stratégique des forêts classées.
« Ces forêts jouent un rôle essentiel dans la capture du carbone. Elles peuvent aussi représenter une source importante de revenus pour la Guinée à travers les politiques environnementales internationales », souligne-t-il.
Poursuivant l’environnementaliste parle de la restauration des zones dégradées.
« Les anciennes carrières et les forêts dégradées doivent être restaurées. À défaut, ces sites deviendront dangereux pour les populations et les animaux », avertit-il.
Pour éviter les dégâts causés par l’exploitation anarchique, cet environnementaliste lance un appel à la population :
« La protection de l’environnement n’est pas seulement l’affaire des spécialistes. C’est une responsabilité collective. Chaque citoyen doit adopter de bons comportements pour préserver notre cadre de vie, condition essentielle au développement du pays », conclut-il.

L’exploitation anarchique des carrières de granite connaît aujourd’hui une intensification inquiétante à Kindia. Dans les zones concernées, les effets néfastes sur l’environnement, la santé humaine et les habitations sont visibles et alarmants. Les populations riveraines, appuyées par les autorités locales, appellent les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes afin de protéger la santé des citoyens et de préserver l’environnement.
Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com.