Guinée : un pas décisif vers une meilleure protection des droits des travailleurs migrants

Conakry a abrité, ce mercredi 28 janvier 2026, un atelier national de validation du premier rapport périodique de la République de Guinée relatif à la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles. L’initiative est portée par la Direction Nationale des Droits de l’Homme du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, en étroite collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et plusieurs partenaires techniques et institutionnels, à travers le bureau pays du HCDH en Guinée.

 

 

Cet atelier vise à valider de manière participative et inclusive le rapport national sur la mise en œuvre de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, ratifiée par la Guinée en 2000. Il s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux du pays et marque une étape clé avant la soumission officielle du document au Comité des travailleurs migrants des Nations Unies.

Dans son allocution, Mme Kossiwa Didi Davi, Représentante adjointe de l’ONU Droits de l’Homme en Guinée, a souligné l’ampleur des défis liés à la migration dans un contexte mondial marqué par la vulnérabilité accrue des migrants. Elle a rappelé que l’absence d’une approche fondée sur les droits humains expose ces derniers à de graves violations tout au long de leur parcours. Saluant les efforts déjà consentis par la Guinée, notamment la ratification de plusieurs instruments internationaux et la soumission du rapport initial en 2015, elle a insisté sur le caractère stratégique de ce rapport.

 

 

« Ce rapport n’est pas une simple formalité technique, mais un acte fort traduisant notre engagement collectif à défendre la dignité et les droits fondamentaux des personnes migrantes », a-t-elle déclaré, avant d’appeler les participants à faire de cet atelier un véritable espace de dialogue et de co-construction. Pour elle, le document final doit servir de levier afin de transformer les engagements politiques en actions concrètes, rappelant que « derrière chaque chiffre se cachent des vies, des familles et des enjeux humains ».

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom de la Secrétaire générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Me Billy 1 Keita, Chef de Cabinet, a, pour sa part, salué la mobilisation des acteurs étatiques, des partenaires au développement et de la société civile. Il a rappelé que la migration est une réalité mondiale complexe et profondément humaine, impliquant des millions de personnes en quête de meilleures conditions de vie, de sécurité ou d’opportunités économiques.

Il a également mis l’accent sur la responsabilité de l’État guinéen dans la lutte contre la xénophobie, la stigmatisation et les discours de haine associant migration et criminalité, qui portent atteinte aux droits fondamentaux des personnes en situation de mobilité. Appelant à une collaboration renforcée entre toutes les parties prenantes, Me Keita a exhorté les participants à contribuer activement aux travaux afin de parvenir à un consensus autour du rapport soumis à validation.

À l’issue de l’atelier, le rapport validé se veut complet et précis, reflétant fidèlement la situation réelle des travailleurs migrants et des membres de leurs familles en Guinée. Il confirme l’exactitude des informations et statistiques présentées, tout en intégrant les observations, commentaires et recommandations des différentes parties prenantes. Le document est désormais prêt à être soumis aux instances internationales compétentes, notamment le Comité des travailleurs migrants.

 

 

Au-delà de l’exercice de reporting international, la validation de ce premier rapport périodique marque une avancée significative pour la Guinée dans la promotion et la protection des droits des travailleurs migrants. Elle témoigne d’une volonté affirmée de placer les droits humains au cœur des politiques migratoires et de faire de la migration non pas un facteur d’exclusion, mais un vecteur de dignité et de développement. Les autorités guinéennes, avec l’appui de leurs partenaires, posent ainsi les bases d’actions plus inclusives et durables, afin que les droits humains, comme rappelé lors de l’atelier, ne connaissent véritablement aucune frontière.

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com