HAC–Médias : Boubacar Yacine Diallo clarifie les sanctions et les limites de la liberté de la presse
Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a fait des révélations inédites sur le rôle du régulateur des médias, les pressions subies et les limites de son action, lors de son passage dans l’émission « Entretien » sur Kaback TV. Une émission animée par les journalistes Ibrahima Sory Conté et N’Faly Guilavogui.
Face aux polémiques récurrentes sur les sanctions infligées aux médias, le président de la HAC a tenu à clarifier la démarche de son institution, notamment en ce qui concerne la diffusion de communications internes de l’armée. Selon lui, la HAC a pris l’initiative d’alerter directement les responsables des médias les plus influents du pays.
« Nous avons appelé les patrons des médias. Ils écoutent ; si c’est faux, qu’ils le démentent sur les réseaux sociaux comme ils savent le faire », a-t-il déclaré, précisant que ces médias avaient été identifiés en raison de leur forte audience. L’objectif, dit-il, était d’éviter la diffusion de documents sensibles susceptibles de compromettre la sécurité nationale.
Boubacar Yacine Diallo a expliqué que des plaintes émanant de l’armée avaient été enregistrées concernant la publication de certaines informations relevant strictement de la communication interne.
« Même si des soldats indélicats voulaient vous les remettre, ne les diffusez pas. C’est une communication interne qui vous protège, qui protège notre territoire », a-t-il insisté, mettant en garde contre les risques de voir ces informations tomber entre les mains d’ennemis non identifiés.
Malgré ces mises en garde, certains médias ont refusé de s’abstenir de diffuser ces contenus, invoquant leur caractère prétendument public. Une position que le président de la HAC juge dangereuse
« Peut-être que celui qui vous l’a donné veut déstabiliser. Ne lui donnez pas le support. »
Revenant sur les accusations portées contre la HAC, accusée de museler la presse, Boubacar Yacine Diallo a rejeté toute volonté de répression arbitraire.
« Quelques journalistes mal intentionnés ou peut-être incompétents, je ne juge pas, ont commencé à faire des accusations gratuites », a-t-il regretté, rappelant que la loi oblige la HAC à statuer dès lors qu’une plainte est déposée par un citoyen.
Il a toutefois tenu à souligner que les sanctions prononcées ne concernent ni les sujets liés à l’unité nationale ni l’ordre public, sauf cas exceptionnels. « Toutes les sanctions qui ont été faites découlent d’une plainte d’un citoyen », a-t-il affirmé.
Moment fort de l’entretien, le président de la HAC a fait une révélation rarement évoquée publiquement
« Il y a des ministres qui ont porté plainte chez nous, ils n’avaient pas raison, les journalistes n’ont pas été sanctionnés. » Assumant pleinement cette décision, il a précisé que la HAC avait estimé que le travail journalistique incriminé était conforme aux règles professionnelles.
« On leur a dit, le journaliste a raison, on ne peut pas le sanctionner », a-t-il ajouté, indiquant que ces plaintes avaient été rejetées, malgré le rang des plaignants. « Peut-être ces ministres se reconnaîtront », a-t-il lancé, non sans une pointe de fermeté.
À travers cette sortie médiatique, Boubacar Yacine Diallo a cherché à repositionner le débat sur la régulation des médias en Guinée, entre impératifs de sécurité nationale, liberté de la presse et responsabilité professionnelle. En révélant que même des ministres ont vu leurs plaintes rejetées au profit des journalistes, le président de la HAC entend démontrer l’indépendance de son institution et rappeler que la régulation ne se fait ni contre la presse, ni pour le pouvoir, mais au nom de la loi et de l’intérêt général.
Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com