Depuis plusieurs années en Guinée, un phénomène social prend de plus en plus d’ampleur : des groupes de jeunes, pour la plupart sans emploi, se revendiquent « communicants » ou « défenseurs » de certaines personnalités publiques. Leur mode d’action est souvent le même : scander des noms ou prendre publiquement la défense de figures politiques, en contrepartie de sommes d’argent ou d’avantages matériels.
Cette pratique, largement critiquée par l’opinion publique, a récemment suscité une réaction ferme de Mohamed Lamine Diallo, alias Mamadou Thug, membre du Conseil national de la Transition (CNT). Lors d’une prise de parole, il a dénoncé ce qu’il qualifie de dérive dangereuse pour la société guinéenne.
« C’est très déplorable aujourd’hui. La plupart de ces personnes qui se revendiquent communicants ou défenseurs de X ou de Y ne sont pas, pour moi, des communicants. Ce sont des crieurs publics, voire des insultologues que l’on est en train d’entretenir », a-t-il déclaré avec indignation.
Pour le conseiller national, il est inacceptable d’assimiler l’insulte ou l’invective à la communication. Selon lui, qualifier de « bon communicant » quelqu’un qui attaque ou insulte ceux qui ne partagent pas les mêmes idées relève d’une grave confusion des valeurs.
« On ne peut pas entretenir un insultologue et dire que c’est un communicant. Il faut qu’on sorte de ça », a-t-il insisté.
Mamadou Thug a également rappelé que, dans la culture guinéenne, aucune région ni aucune tradition éducative ne valorise l’insulte.
« Aucune éducation, dans aucune région de notre pays, n’encense les personnes qui insultent. Il faut s’en méfier et les écarter de la bonne société », a-t-il martelé.
Il a par ailleurs pointé du doigt la responsabilité de certains commis de l’État qui, selon lui, encourageraient ces pratiques à travers des dons, des véhicules ou des soutiens financiers, parfois accordés au nom du président.
« Faire des cadeaux, c’est bien. Mais entretenir ce système, ça n’aide pas », a-t-il averti.
L’artiste humoriste a enfin appelé à une rupture avec ces méthodes, exhortant les jeunes à se former et à faire de la communication un véritable métier, fondé sur l’éthique, le respect et le professionnalisme.
« Ceux qui veulent faire de la communication doivent apprendre, se former sérieusement et en faire un métier à part entière. C’est ce que je souhaite, dans le respect de leurs droits », a-t-il conclu.
Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com