Kankan : grièvement blessé par balle lors d’une attaque armée, Ibrahima Sacko sollicite une évacuation urgente vers Conakry
L’insécurité continue de faire des victimes dans la commune urbaine de Kankan. Dans la nuit du lundi 19 janvier 2026, Ibrahima Sacko, un homme d’une trentaine d’années, marié et père de quatre enfants, a été grièvement blessé par balle lors d’une violente attaque armée survenue aux environs de 21 heures. Alors qu’il se rendait à une pharmacie pour acheter des médicaments destinés à ses enfants malades, il a été pris pour cible par des individus armés d’une arme de type PMK, qui lui ont tiré à bout portant avant de prendre la fuite.
Rencontré cet après-midi au service de traumatologie de l’hôpital régional de Kankan, la victime est revenue, la voix tremblante et le corps meurtri, sur les circonstances dramatiques de son agression.
Selon son témoignage, tout a commencé après un appel de son épouse l’informant de l’état de santé inquiétant de leur enfant.
« C’est ma femme qui m’a appelé pendant que j’étais à Senkefara. Elle m’a dit que notre enfant était malade, qu’il avait une forte fièvre. J’ai pris ma moto pour aller acheter des médicaments à la pharmacie du carrefour Siguiri », raconte-t-il.
Mais sur le trajet, au niveau du lycée Morifindian Diabaté, près du terrain de football et du lavage de motos, il tombe sur des bandits armés.
« Ils étaient trois sur une moto Rock. Ils avaient une arme de l’armée, une PMK. Ils m’ont arrêté et pointé l’arme sur moi. Je suis descendu pour leur remettre la moto. En leur donnant la clé, l’un d’eux a tiré une première fois. J’ai eu peur et j’ai reculé. C’est en reculant qu’il a tiré encore sur moi », explique la victime.
La balle a traversé sa cuisse, entrant par l’avant et ressortant par l’arrière, provoquant d’importants dégâts osseux et musculaires.
« On a fait la radiographie. Cela a causé beaucoup de dégâts. Les médecins demandent que je sois évacué à Conakry », confie-t-il, visiblement affaibli.
Au-delà de la douleur physique, Ibrahima Sacko fait face à une grave détresse financière. Sans emploi stable, il peine à faire face aux frais médicaux.
« Je n’ai pas de moyens. Je suis diplômé mais sans travail. Je me débrouillais en faisant des transferts de sons et de vidéos pour nourrir ma famille. J’ai une femme et quatre enfants. L’attaque est survenue vers 21 heures. La moto qu’ils ont emportée était une Neo », déplore-t-il.
Admis d’abord au service des urgences de l’hôpital régional de Kankan, la victime a ensuite été orientée vers le service d’orthopédie et de traumatologie. Le Dr Mohamed Keïta, médecin dans ce service, revient sur l’état dans lequel le patient a été reçu.
« Il s’agit d’un jeune homme d’environ 33 ans que nous avons reçu 18 heures après le traumatisme. Selon les parents, il a reçu un coup de fusil au niveau du membre pelvien. Il a été initialement pris en charge dans un centre de santé avant d’être évacué vers notre hôpital », précise le praticien.
À l’admission, l’état général du patient était jugé satisfaisant, le pronostic vital ayant été dégagé par le service des urgences. Toutefois, des complications sérieuses ont été révélées par les examens approfondis.

« À l’examen, nous avons constaté des plaies au niveau du membre pelvien, notamment dans la région inguinale. La radiographie a montré une fracture de la hanche. Compte tenu de notre plateau technique, nous avons décidé de l’évacuer à Conakry pour la suite de la prise en charge », ajoute le Dr Keïta.
Le médecin se veut néanmoins rassurant :
« Pour l’instant, le pronostic vital n’est pas engagé. Le patient a été stabilisé et il est hors de danger immédiat. »
En attendant son évacuation vers la capitale, Ibrahima Sacko et sa famille lancent un appel pressant à l’aide. Ce nouveau cas relance une fois de plus la question de l’insécurité grandissante à Kankan, notamment lors des déplacements nocturnes.
De Kankan, Kadija Kolou Condé, pour lerenifleur224.com