Selon l’article 192 de la Constitution guinéenne, au lendemain d’un référendum, quel qu’en soit le résultat, le gouvernement est tenu de présenter sa démission, laquelle ne peut être refusée par le Président de la République. Une disposition constitutionnelle qui, après le référendum, n’a pas été appliquée, suscitant de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Aujourd’hui, à la suite de l’élection du Président de la République, les regards restent de nouveau tournés vers l’exécutif, notamment sur la question de la continuité ou non du gouvernement en place. Interrogés ce jeudi 8 janvier 2026 à Conakry, plusieurs citoyens se sont exprimés sur cette situation qui continue d’alimenter les débats.
Pour certains, la démission du gouvernement ne fait aucun doute, mais elle devrait intervenir au moment opportun.
« Il ne faut pas être pressé. Il faut d’abord que le Président soit investi. C’est le jour de l’investiture que le gouvernement va tomber. L’ancienne équipe doit partir pour laisser place à une nouvelle. C’est la fin de la transition. On ne peut pas mettre fin à la transition tout en continuant avec la même équipe », explique un citoyen rencontré. Selon lui, même si certains membres peuvent être reconduits, le gouvernement, dans son ensemble, devra obligatoirement tomber après l’investiture du Président élu. Il ajoute que, par principe, les responsables doivent savoir démissionner d’eux-mêmes, sans attendre d’être écartés, une situation souvent perçue comme humiliante.
D’autres voix, en revanche, estiment que cette continuité ne porte pas forcément préjudice au fonctionnement de l’État.
« Les lois sont faites par les hommes, et dans toute loi, il existe des possibilités d’adaptation. Dans certains cas, on peut contourner la procédure pour éviter une double passation », affirme un autre citoyen. Selon lui, les ministres en fonction peuvent continuer à gérer les affaires courantes, sans exercer l’essentiel de leurs attributions, en attendant la mise en place d’un nouveau gouvernement qui procédera ensuite à une passation directe.
Ces différentes positions traduisent une attente forte de clarté et de respect des textes constitutionnels, tout en tenant compte des réalités institutionnelles du pays. Alors que l’investiture du nouveau Président est attendue, la question de la démission du gouvernement reste au centre des préoccupations des citoyens guinéens, partagés entre respect strict de la Constitution et souci de continuité de l’État.
Par Mimi Bangoura, pour Lerenifleur224.com