Médias et résultats électoraux : Voici ce que la HAC permet aux journalistes et ce qu’elle leur interdit.
À seulement vingt-quatre heures du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, le paysage médiatique guinéen dispose désormais de sa feuille de route. Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), est intervenu ce vendredi 26 décembre 2025, lors d’une conférence de presse conjointe animée avec la DGE et l’ONASUR-E pour lever les ambiguïtés sur la couverture médiatique du dépouillement.
Le message de la HAC est clair : le journaliste est un relais, pas un comptable. Les médias ont le plein droit de diffuser les résultats issus des procès-verbaux (PV), dès lors que ceux-ci sont officiellement signés, cachetés et affichés par les autorités compétentes (DGE, Ministère de l’Administration du Territoire ou Cour Suprême).
« Lorsqu’un procès-verbal est signé, cacheté et affiché, tout journaliste peut le reproduire », a précisé Yacine Diallo, rappelant que ces documents tombent immédiatement dans le domaine public une fois placardés devant les bureaux de vote ou les commissions de centralisation.
Cependant, la liberté de diffusion s’arrête là où commence le calcul. Le président de la HAC a fermement rappelé l’interdiction faite aux rédactions de procéder à leurs propres cumuls de voix.
Aucune totalisation des données provenant de différentes localités n’est autorisée. Cette règle s’applique même en cas d’utilisation de l’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des données. Cette restriction est strictement conforme aux dispositions du Code électoral en vigueur.
Pour Boubacar Yacine Diallo, ces règles ne sont pas des entraves, mais des garde-fous éprouvés. Il a d’ailleurs rappelé avoir lui-même initié le concept de « Synergie des médias » sous l’égide de l’URTELGUI. Cette pratique historique permet une transparence accrue sans pour autant empiéter sur les prérogatives des organes de gestion électorale.

En traçant cette ligne rouge entre le devoir d’informer et la prérogative de compiler, la HAC cherche à prévenir tout risque de confusion ou de tension sociale durant la phase critique de l’annonce des résultats. Pour les journalistes, l’enjeu des prochaines heures sera donc de naviguer avec précision entre la rapidité du reportage de terrain et la rigueur légale imposée par le Code électoral, garantissant ainsi un traitement de l’information à la fois libre et responsable.
Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com