Payé à seulement 550.000 fg les contractuels temporaires interpellent le gouvernement sur leur statut et leurs conditions de vie précaires.
Le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée (CCTG) a tenu un point de presse ce mercredi 10 décembre afin d’alerter les autorités sur la situation jugée préoccupante de milliers d’agents travaillant dans les services publics des départements ministériels avec un salaire de 550 000 francs guinéens par mois. Le collectif appelle à une réforme urgente de leur statut et à une amélioration de leurs conditions de vie.
Thierno Baïlo Diallo, coordinateur du collectif, a dénoncé la précarité dans laquelle vivent les contractuels temporaires.

Selon lui ” avec un salaire précaire dérisoire de 550 000 par mois, nous avons de sérieuses difficultés aujourd’hui à faire face à nos obligations familiales dans un contexte mondial marqué par une inflation galopante” . Il regrette également le refus catégorique de certains cadres de faciliter le changement de statut des contractuels temporaires enrôlés dans le fichier unique de gestion administrative de la solde (FUGAS).
Malgré ce qu’il décrit comme la volonté de son Excellence le Président de la République, Général Mamadi Doumbouya, dans son œuvre de refondation , le collectif formule deux principales demandes :
1. lintégration pure et simple des 7 369 contractuels temporaires à la fonction publique ;
2.L’ouverture d’un cadre de dialogue formel entre notre collectif et les autorités compétentes pour un traitement juste et transparent du processus d’engagement.
Thierno Baïlo Diallo estime que cette régularisation n’est pas un privilège, mais un droit légitime en reconnaissance des services rendus avec fidélité, abnégation et un sens patriotique . Elle permettrait selon lui d’améliorer les services publics et de sortir de nombreuses familles de la pauvreté.
Péma Bllivogui, contractuel, a exprimé son incompréhension face à ce qu’il considère comme une discrimination.
Il explique que certains citoyens sans expérience particulière ont été intégrés dans la fonction publique, alors que des contractuels diplômés et expérimentés sont restés à l’écart.
“On avait l’espoir qu’étant contractuel, on avait déjà un pas en avant (…) Et le concours a été organisé, plus de 10 000 fonctionnaires ont été pris. Les pauvres citoyens qui montaient matin et soir pour défendre l’administration se retrouvent aujourd’hui à l’écart. C’est cette injustice que nous ne pouvons pas accepter. “
Il rappelle aussi la difficulté d’assumer les charges familiales avec un revenu aussi faible :
” Aujourd’hui, quand tu pars chercher une maison, le plus petit loyer, c’est 500 000. Si tu enlèves ça, où vas-tu trouver la nourriture de tes enfants, les frais de scolarité ? (…) Sans le salaire, il n’y a pas de dignité.” a t’il déclaré appelant ainsi les autorités à penser à eux pour régulariser leur situation.
Hawa Camara, chargée de l’administration au ministère du Commerce, a également témoigné de la situation difficile des contractuels, en particulier des femmes. Elle demande au président de la République et à son gouvernement de les aider au changement de leur statut.
Elle estime que les 550 000 francs mensuels n’arrivent pas à couvrir tous les besoins des contractuels temporaires rappelant que certains exercent depuis 10 à 15 ans sans aucune prise en charge sociale.
Selon elle, plusieurs contractuels ont quitté ce monde ou sont partis à la retraite sans avoir bénéficié d’aucun accompagnement de l’État.

” J’ai vu des vieilles femmes parties à la retraite, contractuelles de l’État, qui n’ont rien bénéficié. C’est dans tout le département que ça se passe.”
Reste à savoir si cet appel tombera dans de bonne oreille après tout ce que ces contractuels font pour l’administration Guinéenne.
Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com