Guinée : Lancement des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles, avec un focus sur le numérique
La campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles a été officiellement lancée ce mercredi au Palais du 28 septembre, en présence du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, M. Yaya Kairaba Kaba, ainsi que de plusieurs membres de son cabinet et de représentants d’organisations internationales.


Placée sous le thème « Pas d’excuse : Tous unis pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et filles », cette initiative vise à sensibiliser le public aux nouvelles formes de violences facilitées par les technologies numériques et à renforcer la protection juridique des victimes. L’événement a été organisé par le Service Genre et Équité du ministère de la Justice, en collaboration avec l’Union européenne, Terre des Hommes et le consortium LIBRE.
Dans son discours, Mme Condé Mama Adama Keita a souligné que le numérique, tout en étant un outil d’innovation et d’expression, est devenu un terrain propice au harcèlement en ligne, à la diffusion non consentie d’images et à diverses violences psychologiques. Elle a appelé à une responsabilité collective : familles, établissements scolaires, leaders communautaires, institutions publiques, acteurs du numérique et citoyens doivent agir ensemble pour prévenir et sanctionner ces violences.

« La lutte contre les violences n’est pas uniquement une responsabilité institutionnelle ; elle est une responsabilité partagée. Elle nous concerne tous : Les familles, qui doivent offrir un environnement protecteur ; Les établissements scolaires, qui doivent éduquer à l’égalité, Les leaders communautaires, qui doivent dénoncer et sensibiliser, Les institutions publiques, qui doivent prévenir, protéger et sanctionner, Les acteurs du numérique, qui doivent garantir des espaces sûrs, Et chaque citoyen, qui doit refuser la banalisation de la violence sous toutes ses formes. » Déclare-t-elle

Urbain Kiswend-Sida YAMEOGO, représentant de Terre des Hommes, a présenté les activités prévues au cours de cette quinzaine, notamment des consultations juridiques gratuites, des formations pour le personnel pénitentiaire, ainsi qu’un accompagnement psychosocial pour les femmes et les mineurs détenus.

Mme Florina Costica, cheffe de l’équipe Gouvernance de l’Union européenne, a rappelé l’importance d’une approche coordonnée, combinant prévention, accompagnement des victimes et renforcement des capacités institutionnelles.
Zenab Dramé, représentante d’Avocats Sans Frontières France, a mis en lumière la vulnérabilité particulière des femmes détenues et a insisté sur la nécessité d’une mobilisation continue au-delà de la période symbolique des 16 jours, afin de garantir une protection effective et durable des droits humains.

« Les violences basées sur le genre fragilisent non seulement des vies, mais également la stabilité de nos familles, le fonctionnement de nos institutions et l’équilibre de notre société. Cette année, notre mobilisation revêt une dimension particulière grâce à une synergie d’action avec les partenaires cités si haut. Une attention spécifique est portée aux femmes détenues dans les établissements pénitentiaires de Conakry, Kankan et Mamou. Il s’agit d’un groupe cible souvent invisibilisé. Trop souvent oublié dans les dynamiques de protection et de promotion des droits humains. Affirmer que la dignité humaine demeure inaliénable, quelles que soient les circonstances de détention, est un principe fondamental qui guide notre action. »
Enfin, le ministre Yaya Kairaba Kaba a rappelé que les violences numériques sont un prolongement des violences physiques et psychologiques dans la vie réelle, et que leur lutte nécessite une coopération mondiale, un renforcement des lois et une responsabilisation des plateformes numériques. Il a appelé chaque citoyen à contribuer à cette lutte, affirmant que

« La République de Guinée prendra sa part effective dans cette action mondiale. Toutefois, la campagne ne concerne pas seulement les gouvernements. Chacun de nous, individuellement, dans son lieu de vie, de travail, doit, pendant ces journées d’activisme, porter ce message que nous propageons afin de conscientiser les uns et les autres sur cette problématique de violence numérique contre les femmes et les filles. La peur, la honte, doivent changer désormais de camp. C’est seulement en cela que nous pourrons s’éloigner de ce fléau et y apporter des mesures idoines. Enfin, c’est sur ces mots que je déclare lancée la journée d’activisme sur la violence aux femmes et aux femmes. »

Le lancement de cette campagne en Guinée illustre un engagement national fort pour la protection des femmes et des filles, notamment contre les violences numériques. Au-delà des discours et des cérémonies, le véritable défi réside dans la mise en œuvre concrète des actions prévues et dans la mobilisation continue de tous les acteurs de la société. Les 16 jours d’activisme ne sont qu’un point de départ vers une Guinée où chaque femme et chaque fille peut vivre libre, en sécurité et dans la dignité.
Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com