Ibrahima Aminata Diallo salue l’évaluation des ministres, mais s’interroge sur le calendrier électoral

Depuis ce jeudi 20 novembre 2025, le gouvernement guinéen a initié une série de revues annuelles au Palais de la Colombe. Cet exercice, baptisé évaluation des départements ministériels, consiste pour chaque ministre à défendre son bilan devant le Premier ministre. L’objectif affiché est de renforcer l’efficacité de l’action publique.

L’initiative a reçu un accueil favorable de la part de la société civile. Cependant, le moment choisi pour la mener, en pleine période électorale, soulève des questions.

Ibrahima Aminata Diallo, président de la Coalition Nationale des Associations pour la Paix et le Développement (CONAPAID), a exprimé son avis nuancé :

« Nous pensons que l’initiative n’est pas mauvaise, mais est-ce que le moment est opportun pour évaluer les ministres d’autant plus qu’on est de plein pied dans une période électorale ? C’est là où il faut s’interroger. »

Malgré cette réserve sur le calendrier, l’activiste insiste sur l’importance de la démarche, qu’il estime essentielle pour prévenir les dérives passées.

« Il est très important et intéressant d’évaluer toutes les personnes à qui on a confié une tâche. D’ailleurs, ça devrait être une routine pour nous éviter ce que nous avons connu par le passé comme mauvaise gouvernance. »

Même si l’évaluation ministérielle n’est pas une première en Guinée, Ibrahima Aminata Diallo se montre optimiste quant à son issue, en grande partie en raison du profil du chef du gouvernement.

« On ne va pas être nihiliste. On va donner toujours ce bénéfice de doute à chaque fois, pour voir. À mon avis, avec un Premier ministre qui a été longtemps dans l’opposition, qui a toujours clamé haut et fort la refondation de ce pays, je pense qu’il faut donner ce bénéfice du doute. »

Le président du CONAPAID maintient l’espoir que l’exercice aboutira à des recommandations concrètes et bénéfiques pour la nation.

Pour que cette évaluation soit crédible et utile, M. Diallo a formulé une demande clé : la publication des résultats.

« On a besoin des résultats parce qu’on n’a pas nommé les gens pour avoir juste le titre de ministre, mais plutôt pour travailler dans le département à travers une feuille de route dûment établie. »

L’activiste souligne ainsi que la transparence est la seule garantie que l’exercice ne se résume pas à une simple formalité, mais serve réellement la performance et l’intérêt public.

 

Lerenifleur224.com