Le Centre culturel franco-guinéen et la compagnie Circus Baobab ont présenté, hier jeudi 12 novembre 2025, la Nuit du Cirque au Centre culturel franco-guinéen, situé à Kaloum.

L’événement a été officiellement lancé par le gouvernement guinéen, représenté par le ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, et par la ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Aminata Kaba. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux acteurs culturels et partenaires ayant soutenu l’organisation de cette édition en Guinée.
Prenant la parole, Kerfalla Bakala Camara, cofondateur de Circus Baobab, a exprimé sa profonde émotion, dédiant cette journée à ses amis disparus auxquels un hommage a été rendu par une minute de silence. Il a rappelé l’impact transformateur du cirque sur sa vie et celle de nombreux jeunes

« J’étais un gamin qui a grandi dans la rue. Grâce à cette histoire, à ce que j’ai vécu, je suis devenu quelqu’un aujourd’hui. Et je ne suis pas le seul. »
S’exprimant au nom du gouvernement, la ministre Aminata Kaba a affirmé que cet événement n’est pas seulement une célébration artistique, mais qu’il
« incarne la vitalité de la jeunesse guinéenne, la puissance créative du peuple et la marche résolue de la nation. » Elle a souligné que cette action s’inscrit pleinement dans le pilier numéro 2 du programme Simandou 2040, qui promeut la valorisation du capital humain et l’inclusion sociale par la reconnaissance des métiers dignes.
La ministre a insisté sur le rôle du cirque comme « un outil puissant d’éducation, d’insertion socioprofessionnelle et de transformation humaine. » Il permet, selon elle, de révéler et valoriser les talents de la jeunesse, souvent méconnus.
Dans une annonce majeure, Aminata Kaba a confirmé la volonté du gouvernement de créer un Centre d’excellence des arts du cirque. Ce projet intersectoriel réunissant les ministères de l’Enseignement technique, de la Culture, et de la Jeunesse est présenté comme une innovation

« il ne s’agit pas d’une école comme les autres, mais d’un espace inclusif et évolutif, ouvert à tous les jeunes, y compris à ceux qui n’ont pas pu ou su suivre un parcours scolaire complet. » Ce centre adoptera un cursus multigrade pour offrir plusieurs niveaux de formation.
Ce projet ambitieux est soutenu par de nombreux partenaires techniques et financiers, notamment l’Agence française de développement, l’Ambassade de France et le Royaume du Maroc. L’ambassadeur marocain a rappelé que le cirque est un
« langage universel qui valorise la discipline, la créativité et le dépassement de soi, » tandis que M. Sébastien, représentant l’Ambassade de France, a vu dans cette Nuit du Cirque « l’avènement d’une constellation, une étoile née de la passion des compagnies et artistes guinéens. »
La cérémonie s’est achevée en apothéose par une prestation éblouissante du Circus Baobab, qui a ravi et émerveillé le public présent.
L’annonce de la création du Centre d’excellence des arts du cirque marque un tournant décisif pour la reconnaissance et la professionnalisation des arts du spectacle en Guinée. En investissant dans le cirque, le gouvernement guinéen et ses partenaires ne font pas qu’encourager une discipline artistique ; ils ouvrent une voie concrète d’insertion sociale et professionnelle pour une jeunesse souvent marginalisée. Cet engagement, salué par les acteurs internationaux et locaux, positionne désormais le cirque guinéen non seulement comme une fierté nationale, mais aussi comme un moteur potentiel de développement humain et économique.
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