Mory Kaba met les points sur les “i” : « Je n’ai jamais demandé à Mamadi Doumbouya de me donner le pouvoir »
À l’occasion d’un barbecue-débat organisé ce dimanche 12 octobre 2025 à Conakry par le mouvement « L’Avenir d’une Guinée Nouvelle (AGN) », Mory Kaba, président du parti, a échangé avec les militants et la presse autour de son projet de société. À quelques mois de l’élection présidentielle, le leader0 politique a saisi l’occasion pour clarifier sa relation avec le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.

Face aux rumeurs persistantes suggérant une proximité entre les deux hommes, Mory Kaba a tenu à mettre les choses au clair
« Le général Mamadi Doumbouya est de Kankan, je suis également de Kankan. Je l’ai connu, certes, mais il ne faudrait pas que nous soyons victimes d’un délit d’appartenance régionale, et je crois que c’est ce qui a beaucoup joué. Certains disent : “Ah, il paraît qu’ils se connaissent. Ah, il paraît même qu’ils sont très proches.” Puis d’autres vont jusqu’à dire : “Avec tout ce que Mory a comme vision, est-ce que Mamadi serait capable de lui céder le pouvoir ?” J’aurais même entendu qu’il me prépare à ça. Voilà comment cette rumeur a pris de l’ampleur. »
Revenant sur ses rapports avec le chef de l’État, il affirme avec fermeté
« Certes, j’ai rencontré le général Mamadi Doumbouya en tant que président, mais jamais je ne lui ai demandé de me donner le pouvoir. Jamais il ne me l’a promis. Jamais nous n’en avons parlé. »
Il précise qu’à un moment donné, le président de la transition avait ouvert un espace de dialogue avec les leaders politiques pour recueillir des propositions, mais les soupçons de proximité ont eu un effet contre-productif
« À cause de ce bruit, il s’est méfié. Ça a créé une distance entre nous. Au lieu que la Guinée profite de mes modestes capacités en matière de finances publiques, ils se sont méfiés de moi. »
Interrogé sur une possible candidature du général Doumbouya à la prochaine présidentielle, Mory Kaba reste prudent :
« Si Mamadi Doumbouya se présente comme candidat, cela relève de la confidence de son bureau politique. Comme l’a dit quelqu’un, la politique, c’est l’art de s’adapter aux réalités du moment. S’il se présente ou pas, cela influencera notre stratégie sur le terrain. »

En clarifiant sa position, Mory Kaba entend se démarquer des accusations de favoritisme et réaffirmer son indépendance politique. À l’approche d’une échéance électorale cruciale, il mise sur la transparence et la rigueur de son programme pour convaincre les électeurs, loin des raccourcis liés aux origines ou aux supposées affinités personnelles. La campagne s’annonce déterminante pour l’avenir de l’AGN, et plus largement, pour l’avenir politique de la Guinée.
Par Ousmane Baldé, pour lerenifleur224.com