Moussa Moïse Sylla a choisi son camp : Et vous, quand est-ce-que arrêterez de jouer les vierges échauffourées (Par Ousmane Camara)

Au royaume de l’équivoque, la parole claire est un acte de rebellion. C’est cette rebellion que Moussa Moïse Sylla incarne aujourd’hui, au péril de sa propre tranquillité, dans une Guinée qui semble préférer le confort du murmure à la tempête des convictions assumées.

Notre maladie nationale : exiger des hommes qu’ils restent ce qu’ils étaient, même quand le monde change autour d’eux.

La scène politique guinéenne est un théâtre où les masques s’échangent plus vite que les idéologies. Dans cette arène, une déclaration fait l’effet d’un coup de tonnerre : Moussa Moïse Sylla, ministre de la Culture, affirme, avec une sérénité qui confine à la prophétie, que la candidature du Général Président Mamadi Doumbouya est « une candidature que Dieu même appelle de tous ses vœux ». Cette parole, jetée dans le brouhaha médiatique, agit comme un révélateur qui dérange, d’autres même dans un extrémisme notoire, traitent l’émission «GG» comme une arnaque du siècle. C’est cela qui m’amène à ce constat désabusé.

Je me souviens de cette distinction fondamentale, celle que m’a confiée un jeune homme et que j’ai faite mienne : il y a la « Guinée » , l’entité abstraite, la patrie avec ses rêves et ses potentialités ; et il y a le « Guinéen » , l’individu concret, avec ses peurs, ses calculs et ses petitesses. C’est sur ce dernier, ce microcosme de paradoxes, que je porte aujourd’hui mon regard désenchanté.

 

 

 

Ousmane Camara