Le Lycée Grand-Ducal de Mamou en détresse : un cri d’alarme du proviseur

Le Lycée Grand-Ducal, situé dans le quartier Abattoir de la commune urbaine de Mamou, traverse une crise structurelle préoccupante. L’établissement fait face à un manque criant de mobiliers scolaires et à une insuffisance d’infrastructures adéquates pour accueillir ses élèves. Face à cette situation alarmante, le proviseur du lycée, M. Alpha Oumar Timbo Barry, tire la sonnette d’alarme.

Selon lui, le lycée peine à offrir un cadre d’apprentissage digne aux élèves de la ville-carrefour. Le problème le plus pressant reste le manque de tables-bancs. Une situation qui impacte gravement la qualité de l’enseignement.

 

 

« Nous avons d’énormes difficultés ici. Premièrement, une insuffisance notoire d’infrastructures : nous avons 22 groupes pédagogiques pour seulement 15 salles de classe. Deuxièmement, un manque criard de mobilier. Parfois, cinq élèves sont contraints de partager un seul table-banc. Trois de nos salles ne sont même pas équipées. Nous avons récemment lancé un SOS. Des amis nous ont envoyé 30 tables-bancs, mais il nous en faut encore 150 pour couvrir les besoins actuels », explique-t-il.

Le proviseur ajoute que cette situation n’est pas nouvelle. L’année précédente, les conditions étaient tout aussi précaires, obligeant les élèves à étudier dans des conditions inacceptables. Il regrette également le manque d’implication de l’Association des Parents d’Élèves (APAE), qu’il accuse de ne pas vouloir soutenir l’établissement, allant jusqu’à « essayer de nous opposer aux parents ».

Dans un appel pressant, M. Barry invite les parents à ne pas se laisser manipuler, et à agir directement pour aider l’école

« Aux parents d’élèves, je dis : refusez d’être trompés. Ne donnez pas d’argent à quelqu’un, ni à envoyer à l’école. Fabriquez plutôt des tables-bancs et apportez-les directement ici », a-t-il lancé.

La situation au Lycée Grand-Ducal de Mamou illustre les défis profonds auxquels est confronté le système éducatif guinéen dans certaines localités. Entre déficit d’infrastructures, manque de matériels pédagogiques et défaillance des instances de soutien, ce sont les élèves qui en paient le plus lourd tribut. Face à cette crise, une mobilisation collective des autorités, des parents et de la société civile s’impose pour garantir aux enfants un cadre d’apprentissage digne et équitable.

 

 

Par Alpha Keïta,  depuis Mamou,  pour lerenifleur224.com