Vers une Justice plus flexible : La Médiation OHADA et Internationale dévoilée en Guinée

La salle d’audience du très médiatisé Procès du 28 septembre a été le théâtre, le mercredi 10 septembre 2025, d’un événement capital pour l’avenir de la justice et de la résolution des litiges en République de Guinée. Pour la première fois, une présentation officielle sur la médiation OHADA et internationale y a été organisée, marquant une étape significative dans la promotion de ce mode alternatif de règlement des conflits.

L’initiative, portée conjointement par le Réseau des Médiateurs Professionnels d’Afrique (REMPA) et l’Association des Médiateurs Professionnels de Guinée (AMPG), en partenariat avec le Centre de Formation Judiciaire de Guinée, a réuni un parterre de professionnels du droit. Des représentants des ordres professionnels – notaires, greffiers, et huissiers de justice – ont souligné l’importance de cette démarche. Me Mohamed Mouctar SYLLA, de l’AMPG, a salué la présence des participants, tandis que Me Kandet Oumar CAMARA, Président de la Chambre des Notaires, a rappelé le rôle historique de la Guinée dans l’adoption de l’Acte Uniforme sur la médiation OHADA. L’Association des Greffiers, par la voix de Mamadou Forè OULARÉ, a mis en avant les opportunités de renforcement des compétences pour les professionnels du droit.

Monsieur Alhassane Naby CAMARA, Directeur Général du Centre de Formation Judiciaire de Guinée, a officiellement ouvert les travaux, insistant sur la pertinence de la formation en médiation. La matinée a culminé avec une photo de famille, immortalisant ce moment fondateur.

Sous la modération de Me Kaissa CAMARA, notaire, les travaux se sont poursuivis avec une communication éclairante du Docteur Bintou BOLI DJIBO, sur le thème « Devenir Médiateur Professionnel OHADA et International ». La médiation, présentée comme un processus coopératif et structuré, fait intervenir un tiers neutre et indépendant pour aider les parties en conflit à trouver un accord consensuel. Qu’elle soit conventionnelle (à l’initiative des parties) ou judiciaire (ordonnée par un juge), elle offre souplesse et flexibilité.

Pour embrasser cette profession, une formation de cent vingt (120) heures est recommandée. Les médiateurs certifiés intègrent un réseau solide, tel que le REMPA, qui compte déjà vingt pays africains et s’engage à accompagner l’AMPG en Guinée. Il a été révélé lors des échanges que l’Acte uniforme sur la médiation est l’un des moins connus, malgré son potentiel immense pour résoudre de nombreux conflits en Guinée. Cette observation renforce l’engagement du Bureau Exécutif de l’AMPG à intensifier les activités de promotion, de formation et de sensibilisation.

La clôture des travaux a été marquée par la présentation officielle du Bureau Exécutif de l’Association des Médiateurs Professionnels de Guinée, dont la composition est la suivante :

  1. PRÉSIDENT : Me Mohamed Mouctar SYLLA
  2. VICE-PRÉSIDENT : Me Aboubacar Sidiki KANTE
  3. SECRETAIRE GÉNÉRAL : Me Ansoumane KALIVOGUI
  4. TRÉSORIÈRE : Mme Helène Coker KOULIBALY
  5. SECRÉTAIRE À L’ORGANISATION : Mme Fanta Alama CAMARA
  6. SECRÉTAIRE À LA FORMATION : Me Angéline GBAMOU
  7. SECRÉTAIRE À LA COMMUNICATION : Me Mamadou Landho BAH

Ce bureau, désormais légitime pour coordonner les activités de médiation en Guinée et représenter le REMPA, aura la lourde tâche de vulgariser cette pratique essentielle.

La première présentation officielle sur la médiation OHADA et internationale en République de Guinée représente bien plus qu’une simple conférence ; elle symbolise un tournant. En mobilisant les acteurs clés du système judiciaire et en mettant en lumière les avantages méconnues de la médiation, la Guinée se positionne résolument vers une culture de la résolution amiable des litiges. Le dynamisme du nouveau Bureau Exécutif de l’AMPG, soutenu par le REMPA, promet un développement significatif de cette profession. C’est une avancée majeure vers une justice plus accessible, plus rapide et plus humaine, où le dialogue et le consensus priment sur le contentieux, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour la stabilité sociale et économique du pays.

 

 

 

Par Rahamane Babila, pour lerenifleur224.com