Takana Zion à l’ouverture du Nimba Reggae Festival: « Nous avons été une nation indépendante et déterminée pour la cause africaine »
Dans la soirée de ce vendredi 5 septembre 2025, l’hôtel Radisson Blu de Conakry s’est transformé en épicentre culturel africain grâce au lancement de la première édition du Nimba Reggae Festival, une initiative portée par Takana Zion à travers sa structure Kanamacina Record. Ce rendez-vous musical inédit, qui s’étend sur deux jours, a pour ambition de faire de la Guinée une terre d’accueil pour les icônes du reggae panafricain et mondial.

La première soirée a réuni un public nombreux, composé de fans, d’artistes, de personnalités politiques et culturelles. Dans l’audience, on notait la présence du président du Conseil National de la Transition, Dr Dansa Kourouma, de l’ex-ministre des Sports Aboubacar Titi Camara, de l’artiste Tiguidanké Bereté, de Malick Kébé, directeur général du Fonds d’Aide aux Arts et à la Culture (FODAC), sans oublier Miss Guinée 2024. Une foule aussi éclectique que l’affiche du festival.

Car sur scène, la crème du reggae international était bien représentée. Jah Mason, Ky-Mani Marley, DJ Awadi, Richie Spice, Warrior King, Tiwony, Jah Thunder, Black Manet Jah Elise ont répondu à l’appel de Takana Zion. Ensemble, ils ont fait vibrer Conakry, mêlant rythmes jamaïcains et messages panafricains.
Pour Koumadjan Condé, Commissaire Général du festival, le Nimba Reggae Festival est bien plus qu’un concert

« Pendant deux jours, la Guinée va part au rythme du régime. La résistance, l’unité, la culture africaine et la résistance. Ici, sur cette terre traditionnelle, l’ouverture est l’espace culturel créé pour vous, les Africains et la vibration jamaïcaine. Entre nos générations, entre les messages de conscience, de danse et célébration. Le Nimba Reggae Festival est plus qu’un concert. C’est un point pour battre les peurs. C’est un cri d’amour et de liberté. Un moment de communion autour de la musique. De la paix et de l’engagement. Nous remercions chaleureusement tous les invités qui sont venus se joindre à nous pour rendre cette fête belle»
Une vision partagée par Malick Kébé, qui voit dans cette initiative une opportunité pour faire de la Guinée « la capitale africaine du reggae ».

« Je voudrais féliciter sincèrement Mouctar Soumah, Takana Zion pour cette initiative. Aujourd’hui, il est temps de faire de la Guinée la capitale africaine du reggae et je pense que ce pacte mérite d’être félicité, souligné et encouragé. Je voudrais également remercier ici tous ceux qui ont voulu accompagner cette initiative. Remercier ici M. le ministre Moussa Moise Sylla, qui a bien voulu accompagner à travers la direction générale du Fonds de développement des arts et de la culture cette initiative. »
Mais c’est sans doute Takana Zion lui-même qui a donné le ton spirituel et historique de l’événement. Fidèle à ses engagements, l’artiste a rappelé que ce festival s’inscrit dans la continuité de l’héritage laissé par les pères de l’indépendance africaine

«Je suis en train de présenter la Guinée et d’expliquer à tout le monde que nous avons été une nation indépendante et déterminée pour la cause africaine. Et remercier le premier président, Ahmed Sekou Touré, qui nous a donné l’indépendance et qui a toujours milité pour la cause africaine et qui était prêt à armer même l’armée guinéenne pour défendre la cause africaine, ne l’oubliez jamais. Tout ce que nous sommes en train de faire ici, c’est ce que nous avons hérité de nos ancêtres, et de nos pères, et de nos frères, et de nos sœurs. Et nous soyons unis, aimons les uns et les autres, et que l’Afrique grandisse, et que l’Afrique rayonne, et que la Guinée rayonne. »
En réussissant ce coup d’éclat musical et symbolique, Takana Zion ne signe pas seulement le début d’un festival ; il ouvre une nouvelle page dans la diplomatie culturelle guinéenne. Le Nimba Reggae Festival devient ainsi un pont entre générations, entre continents, entre rythmes et résistances. La suite est attendue ce samedi 6 septembre sur l’esplanade du Palais du Peuple. Et si la vibration reste aussi haute, la Guinée pourrait bien s’ériger, comme l’a rêvé Takana, en terre sainte du reggae africain.
Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com