Dans une déclaration parvenue à notre rédaction ce jeudi, le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) a exprimé sa vive inquiétude face à la situation politique actuelle, qu’il juge de plus en plus alarmante et contraire aux principes d’un véritable retour à l’ordre constitutionnel.Le FFSG dénonce une série d’actions qu’il qualifie de « symptomatiques d’une volonté d’exclusion et d’anéantissement des voix contradictoires », malgré les alertes, interpellations et propositions qu’il affirme avoir adressées aux autorités de la Transition. L’organisation pointe du doigt une aggravation continue des atteintes aux droits et libertés fondamentales, évoquant notamment des arrestations arbitraires, des restrictions sur la presse, ainsi que des cas de disparitions forcées.
Le cas de Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier et avocat à la cour, enlevé en raison de ses prises de position en faveur du droit, est mis en exergue comme un exemple révélateur de cette dérive. Le Forum insiste sur la gravité de cette situation dans un pays qui traverse déjà, selon lui, une crise multidimensionnelle : pauvreté accrue, insécurité galopante, crise de liquidité sans précédent et absence totale de visibilité sur la gestion de la Transition, pourtant entamée depuis quatre ans.
Autre sujet majeur de préoccupation pour le FFSG : la question du fichier électoral. L’organisation critique l’absence d’un fichier fiable et certifié, malgré les ressources importantes mobilisées à cette fin. Elle dénonce notamment l’enregistrement illégal de mineurs âgés de 10 à 17 ans, en contradiction flagrante avec la législation électorale qui fixe l’âge minimum à 18 ans.
Le Forum remet également en cause le recours au système RAVEC, qu’il juge inapproprié en raison de son inclusion d’enfants de moins de 10 ans. Des irrégularités flagrantes sont pointées, parmi lesquelles le refus de recensement opposé à certains anciens Premiers ministres, une répartition inéquitable des kits d’enrôlement, notamment en défaveur de certaines zones et de la diaspora, ainsi que l’absorption totale de l’organe de gestion des élections par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
Le FFSG dénonce également la dissolution ou suspension récente de plusieurs partis politiques, notamment ceux perçus comme majoritaires au sein de la population. Une mesure qui, selon le Forum, accentue la crise de confiance envers les institutions de la Transition et compromet gravement la crédibilité du processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Dans son communiqué, le Forum souligne que ce processus ne peut se résumer à de simples manœuvres administratives et politiques visant à prolonger la détention du pouvoir, au mépris des principes démocratiques. Il appelle les autorités de la Transition, ainsi que les partenaires nationaux et internationaux, à suspendre un processus qu’il juge « mal préparé, clivant, répressif et très préjudiciable à l’avenir du pays ».
À travers cette déclaration, les Forces Sociales de Guinée lancent un signal d’alarme fort, exhortant les acteurs en charge de la Transition à repenser en profondeur les modalités du retour à l’ordre constitutionnel. Le climat politique actuel, marqué par la répression et l’exclusion, semble à leurs yeux incompatible avec la restauration d’un véritable État de droit.
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