Renforcement des capacités des acteurs contre les violences sexuelles : médecins, juristes et policiers unis contre le phénomène 

Durant trois jours, du 25 au 27 août, la capitale guinéenne a accueilli un atelier de formation d’envergure destiné aux agents de la chaîne de prise en charge des cas de violences sexuelles basées sur le genre (VSBG). Organisé par l’Association des Victimes Parents et Amis du massacre du 28 septembre 2009 (AVIPA) et l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme (OGDH), avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD), cet événement visait à renforcer les compétences techniques, éthiques et pratiques des professionnels concernés. Médecins, infirmiers, juristes, avocats, agents de l’OPROGEM, psychologues et défenseurs des droits de l’homme, au total 25 participants ont bénéficié de cette formation multidisciplinaire. Objectifs : améliorer les soins cliniques apportés aux victimes de viol, outiller les forces de l’ordre pour une meilleure prise en charge psychologique et juridique des survivantes, et favoriser une coordination intersectorielle efficace.

 

 

La cérémonie de clôture, présidée par la Secrétaire Générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Irène Marie Hadjimalis, représentant le Garde des Sceaux, Yaya Kairaba Kaba a été l’occasion de réaffirmer l’engagement de l’État en matière de lutte contre les VSBG.

« Vos travaux ont prouvé que le paradigme conceptuel des VBG doit être élargi à une philosophie d’inclusion des genres. Ensemble, nous devons continuer à briser le silence, lutter contre l’impunité et protéger les survivantes », a-t-elle déclaré dans son allocution et d’ajouter

Irène Marie Hadjimalis, Secrétaire Générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme,

 

« Afin d’atteindre cet objectif, il faut remettre en question l’importance et la nécessité de poursuivre l’égalité des genres lorsque les personnes se trouvent dans des situations de crise. Bien Cette formation marque une étape importante dans le renforcement de notre réponse nationale. Elle a permis : D’améliorer les compétences techniques des participants, De renforcer la coordination intersectorielle, Et d’identifier des pistes concrètes pour améliorer l’accès à la justice, aux soins et au soutien psychosocial des survivantes. Je voudrais réaffirmer ici l’engagement du Ministère de la Justice à : Garantir un accès équitable et rapide à la justice pour les victimes, Appuyer le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne, Et promouvoir une tolérance zéro vis-à-vis des violences sexuelles et basées sur le genre. Ensemble, nous devons continuer à briser le silence, lutter contre l’impunité et protéger les survivantes. Je lance un appel à chacun des participants : Aux médecins et infirmiers : d’appliquer les acquis de cette formation pour offrir des soins de qualité. Aux agents de l’OPROGEM : de poursuivre vos efforts pour améliorer l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des survivantes. Aux OSC : de renforcer la sensibilisation dans les communautés et de soutenir les victimes. Aux partenaires techniques : de continuer à nous accompagner pour garantir la pérennité de ces initiatives. »

Me Amadou DS Bah, président de l’OGDH, a mis en lumière la recrudescence inquiétante des VSBG en Guinée, appelant à une réponse judiciaire plus rigoureuse. Il a également souligné l’importance de la démultiplication de ces ateliers sur l’ensemble du territoire, afin que les acquis bénéficient à un plus grand nombre d’agents et que la prise en charge des victimes devienne systémique, professionnelle et humaine.

 

Me Amadou DS Bah, président de l’OGDH

 

« Aussi longtemps que cette prise en charge ne sera pas effective, nous ne pourrons pas apporter une réponse efficace et efficiente pour lutter efficacement contre les violences basées sur le genre qui nous interpellent tous. Aujourd’hui, il y a des cas qui sont pris en charge par la justice. Malheureusement, et c’est d’ailleurs le lieu d’interpeller madame la secrétaire générale, sur la faiblesse des peines qui sont prononcées contre les auteurs de ces cas de violences de la décision de genre. Et je pense que, de ce point de vue, il est important que d’ailleurs, quels rapports soient fournis au niveau de la justice, parce que, aussi longtemps que les sanctions à la hauteur des faits ne seront pas prononcées par les juges, les délinquants, les potentiels délinquants continueront à commettre ces actes ignobles contre la jeune féminine. Donc, madame la secrétaire générale, nous voulons faire ce plaidoyer pour qu’auprès des juges, qu’il y ait plus de rigueur dans la sanction, parce que c’est à travers la sanction que ces cas de violences de genre peuvent être jugulé. »

 

De son côté, Marie Dubuffet, Directrice Adjointe de l’AFD en Guinée, a salué la mobilisation des professionnels présents. Elle les a encouragés à devenir des « ambassadeurs » du changement au sein de leurs corps de métier. Selon elle, seule une coordination soutenue entre les différents acteurs permettra d’aboutir à une prise en charge globale et humaine des victimes. Elle a également rappelé que les sanctions judiciaires jouent un rôle déterminant dans la reconstruction psychologique des survivantes.

 

Marie Dubuffet, Directrice Adjointe de l’AFD en Guinée

 

« Vous êtes les premiers volés pour les plaintes qui seront déposées. Et ensuite, ce sont les actions de condamnation des bourreaux qui permettront aussi aux victimes de s’inscrire dans la reconstruction de leur parcours et aller au-delà de leur survie après un tel traumatisme. L’AFD est très investie pour non seulement, évidemment, lutter contre les BVG, assurer un renforcement de l’efficacité des actions, comme je l’ai indiqué, et essayer d’infléchir également tous ces constats alarmants qui sont notés. Donc on espère vivement que par votre implication, par vos actions, justement, il pourrait y avoir une inflexion, une évolution, pour éviter que ce type de crime soit impuni les victimes puissent se reconstruire dans la dignité. »

 

 

Cet atelier marque une étape clé dans la lutte contre les violences sexuelles en Guinée. En réunissant les acteurs de la justice, de la santé, de la sécurité et de la société civile, il pose les bases d’une approche coordonnée, centrée sur les survivantes et résolument tournée vers l’efficacité. La qualité de la prise en charge dépendra désormais de la mise en œuvre concrète des compétences acquises et du suivi institutionnel. Briser le silence, garantir la justice et restaurer la dignité des victimes : telle est la responsabilité partagée par tous les acteurs impliqués.

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com