C’est dans une atmosphère de tristesse et de consternation que la presse guinéenne, des collaborateurs, voisins, membres du gouvernement, parents et amis ont rendu un vibrant hommage au journaliste Daouda Taban Sylla, décédé le 15 août dernier à Tunis, où il avait été évacué pour des soins. La cérémonie de levée du corps s’est tenue à l’hôpital Sino-Guinéen, en présence de nombreuses personnalités venues saluer la mémoire d’un homme dont la rigueur professionnelle, la passion pour l’information et l’intégrité ont marqué plusieurs générations.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le ministre de l’Information et de la Communication, Fana Soumah, a salué la mémoire d’un journaliste hors pair

« Daouda Taban Sylla, reporter, chroniqueur, animateur, administrateur du site web de la RTG, est désormais inscrit parmi les meilleurs journalistes ayant marqué leur époque. Journaliste passionné, aguerri, épris de son métier, tu resteras à jamais dans mon cœur. Je sais combien tu as connu des moments de gloire, mais aussi des épreuves difficiles. Je suis profondément affecté par ton départ prématuré. Après des années de lutte aux côtés du syndicat de la RTG, le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, touché par la situation des stagiaires, avait accepté l’intégration de 150 d’entre eux à la fonction publique une première à la RTG. Mais à peine intégré, tu n’as bénéficié que de deux mois de salaire avant que la maladie ne t’emporte. Reporters de terrain, ‘guerrier assis’, tu as rempli ta mission. Repose en paix. »
Dans un discours bouleversant, Makemè Bamba, directrice générale adjointe de la RTG, a elle aussi salué la mémoire d’un homme passionné

« Daouda était plus qu’un simple journaliste. Il aimait profondément son métier, qu’il exerçait avec dynamisme, engagement et passion. Il a consacré sa vie à informer, à éclairer et à transmettre la vérité. Son professionnalisme était reconnu de tous, comme en témoigne cette mobilisation. Au-delà du journalisme, nous pleurons aujourd’hui l’homme, le frère, l’ami, le fils, l’époux et le père. Il était profondément humain, attentif aux autres, tout simplement attachant. Je me souviens encore de nos derniers échanges. Deux jours avant son décès, le jour même de son départ pour Tunis, il m’a dit, devant ses enfants : “Madame, priez pour mon épouse, bénissez-la, elle s’occupe bien de moi, elle ne dort que quand je dors.” Ce message, plein de tendresse et de reconnaissance, témoigne de la grandeur de son cœur. Aujourd’hui, nous honorons aussi sa famille, en particulier son épouse, Madame Kadiatou Sylla, pour son courage et son amour indéfectible. »

Au nom des confrères de la RTG, le secrétaire général adjoint du syndicat, Daouda Bah, a rappelé le parcours inspirant du défunt

« Depuis ses débuts, il y a plus de dix ans, comme stagiaire à la rédaction politique de la RTG, jusqu’à son recrutement à la fonction publique, en passant par sa formation à l’université, Daouda n’a cessé de faire preuve d’un engagement sans faille. Tu as ajouté le nom de ton village, Taban, à ton prénom, parce que tu aimais profondément tes racines. Grâce à toi, ce nom est désormais connu dans tout le pays. Ton départ laisse un vide immense. Mais nous garderons de toi l’image d’un homme de cœur, loyal, serviable et profondément humain. Ton nom restera gravé dans nos mémoires et ton héritage vivra à jamais dans l’histoire de la RTG. »

Après la levée du corps, la dépouille de feu Daouda Taban Sylla a été conduite à la RTG pour un dernier tour d’honneur, en compagnie de ses collègues et amis. Né le 3 avril 1984, Daouda laisse derrière lui une veuve et deux jeunes garçons inconsolables, Siaka Taban et Antonio Taban Sylla. Il repose désormais dans son village natal Taban, à Dubréka, qu’il chérissait tant.

Par Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com