Un imposteur se présentant comme agent des services de renseignement de la Présidence de la République a été arrêté par le Secrétariat général à la Présidence, chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé. Il s’agit d’Ibrahima Camara, connu sous le surnom de « Dubayabi », qui se faisait également passer pour un proche du général Amara Camara, ministre secrétaire général de la Présidence de la République de Guinée.
La présentation du suspect a eu lieu ce mercredi 30 juillet dans les locaux des Services spéciaux à Kaloum. Face à la presse, le présumé usurpateur a rejeté les accusations, affirmant n’avoir jamais prétendu être un agent officiel
« Je suis informateur du Général Amara. On se connaît bien, mais je n’ai jamais dit que j’étais agent des renseignements. J’étais à Kindia, au commissariat, pour parler à quelqu’un qui me défendait car j’avais reçu des menaces. Là, on m’a informé que quelqu’un que je connaissais avait brisé un pare-brise. Quand on m’a demandé ce que je faisais, j’ai dit que je fais des prières et que je suis informateur du Général », a-t-il déclaré devant les médias.
Mais les explications du mis en cause n’ont pas convaincu les autorités. Le commissaire principal de police Soropogui Foromo, lors de cette même présentation, a détaillé les circonstances de son interpellation
« Ibrahima Camara, alias Dubayabi, s’est rendu à Kindia pour un enterrement. Profitant de cette occasion, il aurait tenté d’intervenir auprès du commissaire urbain pour obtenir la libération du fils de son cousin, arrêté pour vandalisme. Pour appuyer sa demande, il se serait présenté comme directeur général chargé des renseignements à la Présidence. »
Selon le commissaire, les forces de sécurité ont procédé à une vérification rapide de son identité, laquelle s’est révélée mensongère.
« Il a été interpellé par l’unité BAC et transféré dans nos locaux pour enquête. Il prétendait être un agent de la Présidence, un proche du Général. Ces actes relèvent de l’usurpation de titre, usage de faux et tentative de trafic d’influence. Il devra répondre de ces faits devant la justice », a martelé Soropogui Foromo.
Le commissaire a également révélé que le suspect portait un badge à l’envers sur sa chemise pour renforcer sa fausse crédibilité. « Il ciblait des personnes vulnérables ou mal informées pour obtenir certains privilèges. C’est une méthode classique utilisée par les usurpateurs de titres », a-t-il ajouté.
À l’issue de l’enquête préliminaire, il ressort que l’accusé aurait agi seul et en toute connaissance de cause, selon les premiers éléments recueillis.
Ce coup de filet des Services spéciaux met en lumière les risques liés à l’usurpation d’identité au sein des institutions sensibles. Les autorités réitèrent leur engagement à traquer et poursuivre tous ceux qui tentent de se faire passer pour des agents de l’État afin de manipuler ou abuser de la confiance du public.
Le Renifleur