Lutte contre la traite des êtres humains : La Guinée renforce son engagement face à un crime organisé
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, célébrée ce mercredi 30 juillet 2025, le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, en partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et plusieurs ONG, a animé une conférence de presse à Conakry. Objectif : faire le point sur les avancées réalisées et réaffirmer la détermination de la Guinée à combattre ce fléau.

Prenant la parole, Aboubacar Sidiki Camara, conseiller juridique au ministère et président du Comité national de lutte contre la traite des personnes, a mis en lumière le dispositif judiciaire mis en place pour assurer le traitement rigoureux des cas

« Lorsqu’un dossier lié à la traite des êtres humains est engagé, il est très difficile de le régler autrement que par voie judiciaire. Des magistrats référents ont été désignés dans tous les parquets du pays pour assurer le suivi de ces affaires. En outre, le rôle des organisations de la société civile est crucial : elles constituent un maillon essentiel dans la chaîne de protection des victimes », a-t-il affirmé.
De son côté, Lorraine Ndayirukiye, chargée de projet à l’OIM, a rappelé l’ampleur et la complexité de la traite des êtres humains, soulignant sa dimension transnationale et son lien croissant avec la cybercriminalité

« La traite des personnes est un phénomène structuré, enraciné dans des réseaux criminels organisés. Avec l’expansion numérique, les trafiquants exploitent désormais des plateformes en ligne pour recruter et piéger leurs victimes, en particulier les jeunes, les femmes et les travailleurs migrants. Les réseaux sociaux, les offres d’emploi en ligne et les applications de messagerie sont de plus en plus détournés à des fins d’exploitation. »
Quant au lieutenant Thierno Hamidou, du service de contrôle et de protection des personnes vulnérables de la gendarmerie nationale, il a expliqué les mécanismes d’engagement d’une procédure

« La victime peut directement porter plainte. Il arrive aussi que ce soit une ONG ou un tiers qui signale le cas, ou qu’il s’agisse d’un flagrant délit. Une enquête peut également être ouverte sur commission rogatoire. Et je précise que lorsqu’il s’agit de mineurs, toutes les recherches sont menées gratuitement. »
Face à un phénomène en constante mutation, la Guinée veut renforcer la synergie entre les institutions publiques, les forces de sécurité et les acteurs de la société civile. La lutte contre la traite des êtres humains ne peut être gagnée que par une vigilance collective, une coordination efficace et un soutien sans faille aux victimes. À l’image de cette journée de sensibilisation, les acteurs nationaux et internationaux entendent unir leurs forces pour faire reculer ce crime silencieux mais ravageur.
Par Ousmane Baldé, pour lerenifleur224.com