Théâtre et réflexion : « Lumière, obscurité », la pièce d’Ibrahim Fofana qui questionne l’Afrique

Militaire de carrière, le colonel Ibrahim Fofana est aussi dramaturge guinéen vivant à l’international. Ce vendredi 11 juillet, au Centre Culturel Franco-Guinéen, une lecture scénique de son œuvre a été présentée devant un public nombreux et attentif. La pièce, intitulée « Lumière, obscurité », explore les paradoxes de la connaissance humaine et les contradictions de nos sociétés.

 

 

À la fin du spectacle, interrogé par les journalistes, l’auteur est revenu sur le sens profond de son œuvre

 

 

« Je suis à la quête de savoir pourquoi il y a autant d’obscurité sur Terre, alors que nous recevons tellement de lumière du ciel. En fait, l’obscurité et la lumière représentent l’ignorance et le savoir. Malgré toutes les connaissances que nous avons aujourd’hui, nous vivons encore dans l’obscurité : nous nous battons, nous faisons la guerre, nous sommes méchants les uns envers les autres. Cette pièce est une tentative de réflexion sur ces paradoxes, mais aussi un prétexte pour aborder d’autres thématiques, comme la gestion du pouvoir, la liberté, et sa confiscation. »

 

 

Pour Ibrahim Fofana, l’inspiration naît d’une observation quotidienne des contradictions humaines

 

 

« Je n’ai jamais compris comment des personnes intelligentes, cultivées, peuvent poser des actes aussi dangereux et méchants, allant à l’encontre même de ce qu’elles ont appris. C’est ce que j’appelle la lumière-obscurité : on a la connaissance, mais on agit dans l’ignorance. Un juriste bien formé peut rendre un jugement injuste. C’est cela la lumière-obscurité. »

Bien qu’il soit guinéen, l’auteur affirme que ses écrits s’adressent à tout le continent

« Ce que je décris n’est pas propre à la Guinée. En Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, ailleurs, on tient le même discours : que l’autre est méchant. Quand j’écris, c’est vrai que j’ai la Guinée en tête, mais j’aimerais que mes textes soient utiles partout en Afrique. En Guinée, nous avons besoin de paix, de tranquillité, et d’évoluer, car nous venons de loin. »

 

 

À travers « Lumière, obscurité », Ibrahim Fofana ne se contente pas de divertir : il interpelle, il questionne, il provoque la réflexion. Son œuvre se présente comme un miroir tendu aux sociétés africaines, où la connaissance peine encore à triompher de l’ignorance dans les actes du quotidien. Un appel à la conscience collective, pour que la lumière éclaire enfin nos choix et nos comportements.

 

 

 

Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com