Dernière minute ! Le MATD suspend le congrès extraordinaire de l’UFDG pour irrégularités et tensions internes
À moins d’une semaine de sa tenue, le congrès extraordinaire de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, est suspendu par décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. L’annonce a été faite à travers une notification officielle adressée à la direction du parti, invoquant des irrégularités majeures dans l’organisation de l’événement ainsi que des risques potentiels pour l’ordre public.
Selon le document signé par le général Ibrahima Kalil Condé, ministre de l’Administration du territoire, cette décision découle d’une saisine émanant du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG), un courant interne contestant la régularité du processus menant au congrès.
Parmi les griefs soulevés : le non-respect des délais et procédures de convocation exigés par les articles 16.8 et 16.9 des Statuts ainsi que par l’article 17.4 du Règlement intérieur du parti. Le MR-UFDG dénonce également une modification unilatérale de l’ordre du jour initial, laquelle aurait restreint les espaces de débat interne, et l’exclusion jugée arbitraire de certains membres statutaires, notamment Ousmane Gaoual Diallo, pourtant rétabli dans ses fonctions par une décision de justice datée du 23 mai 2025.
Ci-dessous la note du MATD

Le ministère insiste sur le fait que le recours en appel contre cette décision ne suspend pas son exécution, sauf mention expresse contraire. En conséquence, toute initiative allant à l’encontre de ce jugement pourrait constituer une infraction grave aux règles de droit en vigueur.
Face à cette situation, l’autorité administrative exige deux actions immédiates de la part de l’UFDG :
- La suspension du congrès jusqu’à ce que toutes les irrégularités soient régularisées, dans le respect strict des textes fondateurs du parti et des décisions judiciaires ;
- L’ouverture d’un dialogue inclusif, sous la supervision d’une commission paritaire, réunissant toutes les composantes du parti, y compris le MR-UFDG, pour poser les bases d’une instance future apaisée et légitime.
Un délai de 48 heures est accordé au parti pour faire connaître les mesures qu’il entend prendre. À défaut, le ministère se réserve le droit de prendre « toutes les dispositions nécessaires » pour assurer le respect de la légalité républicaine, y compris l’imposition de sanctions administratives ou pénales.
Cette décision intervient dans un contexte tendu au sein de l’UFDG, où les divergences internes prennent désormais une tournure juridique et politique, risquant de fragiliser davantage l’unité du parti à l’approche d’échéances cruciales.
Le Renifleur