Le développement local par les ressources minières a été au centre d’un important colloque international tenu à Conakry. C’est autour du thème : « Financement du développement local par les ressources minières » que se sont réunis les membres du Réseau des Institutions Africaines de Financement des Collectivités Locales (RIAFCO), ce mardi 24 juin 2025. Au total, quatorze pays africains ont pris part à cet événement organisé par l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC).
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans un réceptif hôtelier de la capitale guinéenne, sous la présidence du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), Ibrahima Kalil Condé. Plusieurs responsables d’institutions locales et partenaires techniques y étaient présents pour échanger sur les enjeux du financement du développement à la base.
Parmi les participants, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Siguiri, Souleymane Koita, s’est exprimé sur l’importance de cette rencontre.
« Nous avons débattu pendant le panel des avancées importantes enregistrées grâce à l’accompagnement de l’ANAFIC dans nos collectivités. Aujourd’hui, le processus de développement local devient plus inclusif et participatif », a-t-il affirmé.
M. Koita a rappelé que dans le passé, les collectivités faisaient face à de nombreuses attentes sociales, souvent insatisfaites en raison de budgets insuffisants.
« Le faible taux d’exécution des projets issus des plans de développement local était dû à ce manque de moyens. Mais aujourd’hui, grâce à l’ANAFIC, nous bénéficions non seulement de renforcement de capacités, mais aussi d’une réelle implication citoyenne dans la gestion des affaires locales », a-t-il souligné.
Le président de la délégation spéciale a également mis en lumière les nombreuses infrastructures réalisées dans sa commune grâce à l’appui de l’agence : écoles, centres de santé, points d’eau et même un nouvel abattoir, partiellement financé sur le budget communal.
Cependant, il a insisté sur la nécessité d’augmenter les fonds alloués aux collectivités

« Avec une population en constante croissance, les besoins augmentent. Il est urgent que les partenaires comme la Banque mondiale accélèrent le financement des Plans Annuels d’Investissement (PAI). Financer un plan de 2024 en 2025, c’est déjà trop tard », a-t-il averti.
Abordant les enjeux environnementaux, Souleymane Koita a plaidé pour une nouvelle approche de la gestion des déchets. « Aujourd’hui, il ne suffit plus de transporter les ordures vers des dépotoirs finaux. Il faut penser à des unités de transformation et à la valorisation des déchets, pour une gestion durable », a-t-il déclaré.
Enfin, s’agissant de la sécurité dans sa commune, le président de la délégation spéciale a salué les efforts des autorités de la transition
« Depuis le 5 septembre, la sécurité à Siguiri s’est nettement améliorée. La population se sent plus en confiance, et nous espérons que cette dynamique se poursuivra ».

Ce colloque international du RIAFCO a permis de souligner l’importance du rôle des institutions nationales comme l’ANAFIC dans le financement et l’accompagnement des collectivités locales. Les témoignages, à l’image de celui de la commune de Siguiri, mettent en évidence l’impact concret des investissements réalisés, tout en appelant à une mobilisation accrue des ressources pour répondre aux défis à venir.
Le Renifleur