Lutte contre les drogues et substances illicites : Le cri d’alarme du ministre de la Santé

La Guinée fait face depuis plusieurs années à une montée inquiétante de la consommation de drogues dures, de la kush, de la chicha et d’autres substances psychoactives. Cette situation alarmante, qui engendre maladies et décès, suscite une vive inquiétude au sein des autorités sanitaires et gouvernementales.

C’est dans ce contexte qu’une rencontre s’est tenue entre la mission parlementaire de la CEDEAO et le ministre guinéen de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Oumar Diouhé Bah. Les échanges ont porté essentiellement sur la santé mentale et l’abus des substances addictives, de plus en plus répandues dans le pays.

Prenant la parole, le ministre a mis en lumière les efforts déjà déployés pour contrer ce fléau

« Nous avons incinéré le contenu de plus de 300 conteneurs de faux médicaments si l’on cumule tout. Le plus grand marché de faux médicaments, c’était ici chez nous, à Madina. Et ce n’était pas que du paracétamol : du tramadol dosé à 250 mg circulait. Ce dosage n’est utilisé dans aucune structure sanitaire. C’était tout simplement de la drogue pure. »

Concernant la consommation de la chicha, le ministre déplore qu’elle se fasse désormais « au vu et au su de tout le monde ».

De retour d’un panel à Genève, le ministre a lancé un appel à une responsabilité partagée, insistant sur la nécessité d’appliquer les lois

« Il ne s’agit pas seulement d’élaborer des textes. Il faut qu’ils soient appliqués. J’ai appelé les pays africains à apprendre à se prendre en charge. »

Par ailleurs, Dr Bah s’interroge sur l’origine de ces substances dangereuses, malgré les efforts internes

« Nous avons lutté contre les faux médicaments, notamment ceux contenant du tramadol, que nous avons incinérés. Mais certains continuent d’importer ces produits. Et cela vient d’où ? De pays de la sous-région. J’ai échangé avec les autorités de l’un d’eux, car la Guinée était autrefois accusée d’être une plaque tournante du trafic. Aujourd’hui, nous avons presque remporté ce combat. Mais la drogue kush, elle vient d’où ? Ce n’est pas ici qu’on la fabrique. »

En conclusion, le ministre appelle à une mobilisation collective

 « Cette lutte ne peut être menée par un seul pays. Elle doit être régionale. Et en interne, toutes les couches sociales doivent s’impliquer pour que nous puissions la gagner. »

 

 

Par Ousmane Baldé, pour lerenifleur224.com