Torture, menaces et séquestration : le Barreau monte au front pour défendre un de ses membres »

Le Barreau de Guinée a publié un communiqué d’une rare fermeté ce samedi, dénonçant l’enlèvement suivi de torture infligée à Maître Mohamed Traoré, ancien bâtonnier et figure éminente de la défense des droits en Guinée.

Selon le document officiel, l’avocat a été violemment enlevé à son domicile à Sonfonia dans la nuit du 20 au 21 juin, aux environs de 2h du matin, par un groupe d’au moins sept hommes armés, cagoulés et lourdement équipés. Les assaillants, après avoir escaladé le mur d’enceinte, ont agressé physiquement l’une des filles de Me Traoré avant de le frapper, l’injurier et l’embarquer de force dans un véhicule Toyota V8. Ce commando, bien organisé, aurait utilisé au moins deux véhicules.

Maître Traoré revenait d’un pèlerinage à la Mecque. Durant sa séquestration, il a subi de graves sévices : flagellation méthodique (jusqu’à 500 coups selon les ordres donnés), tentative d’asphyxie, coups, menaces de mort et propos à connotation communautariste. Ses agresseurs lui auraient reproché sa démission du Conseil National de la Transition (CNT) et ses prises de position publiques jugées critiques.

Abandonné inconscient dans une cour à Bangouyah, dans la préfecture de Coyah, il a été évacué d’urgence vers un lieu sécurisé pour y recevoir les soins médicaux nécessaires.

Le Barreau de Guinée ne cache pas son indignation face à cet acte qu’il qualifie de

« torture, enlèvement, séquestration et atteinte grave à la dignité humaine ». Il pointe du doigt une opération planifiée, excluant l’hypothèse d’un simple acte de banditisme. Le recours à des moyens logistiques sophistiqués, le passage sans encombre de plusieurs postes de contrôle, ainsi que la tenue partielle de type militaire d’un des agresseurs laissent présager une implication ou complicité au sein d’appareils étatiques.

Dans ce communiqué signé par le bâtonnier par intérim, Maître Faya Gabriel Kamano, le Barreau exige des poursuites judiciaires sérieuses, indépendantes et impartiales. Une Assemblée Générale Extraordinaire sera convoquée sous peu pour décider des mesures à adopter.

Appelant la communauté nationale et internationale dont les barreaux étrangers, les ONG de défense des droits humains, les instances judiciaires régionales à la solidarité, le Barreau de Guinée réaffirme sa détermination à ne jamais céder à la peur ni à l’intimidation.

« Nul ne fera taire la justice », conclut le communiqué, avec une solennité qui en dit long sur la gravité de l’événement et la détermination de l’ordre des avocats guinéens à faire prévaloir le droit et la dignité humaine dans un contexte politique de plus en plus préoccupant.

 

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com